« Voilà, c’est fini ». Part One: la grossesse

PPffiouh… Je vais y arriver… Il paraît que ça se fait de conclure.

Des mois et des mois depuis mon dernier article, du coup celui-ci risque d’être un peu long, voire en plusieurs parties.

J’avais créé ce blog pour parler de l’infertilité de mon couple, en espérant que poser des mots sur nos maux aiderait. Qu’échanger avec des femmes (et des hommes) qui la vivent au quotidien pour des raisons diverses et variées me permettrait de m’apaiser.

Cette communauté est riche, et je vous remercie tou(te)s pour le soutien, qui s’est passé aussi bien sur mon blog que via les commentaires sur les vôtres (surtout ces derniers mois).

C’est bien parce que c’est un blog sur notre infertilité que je n’ai pas réussi à parler de ma grossesse.

Aujourd’hui notre petit chat est là. Il est temps de clôturer, de m’autoriser à tourner cette page. Rien que de l’écrire j’en ai les larmes aux yeux, mélange de souffrances qui resurgissent et de joie incommensurable.

Je me suis sentie schizophrène durant cette grossesse, une partie de moi étant très consciente que j’étais enceinte, et l’autre partie oubliant souvent au réveil que j’étais deux, jusqu’à ce que je finisse par cogner mon bide contre une porte mal ouverte…

Je ne peux pas dire que j’ai adoré être enceinte, et je ne peux pas dire non plus que j’ai détesté. J’ai été arrêtée 3 semaines au 4e mois car mes côtes en avaient pris un coup et j’ai été condamnée au repos assise forcé, puis j’ai été à nouveau arrêtée jusqu’au bout 1 mois et demi avant le congé mat car trop de transports (et de grèves…) et du coup de contractions et autres joyeusetés. Je n’ai eu que des maux bénins (pas de cerclage ou autre) mais j’ai mal vécu de ne pas être autonome. Faut dire qu’à 35 balais je n’ai toujours pas le permis mais que j’ai toujours beaucoup bougé malgré tout, donc la dépendance c’est très dur pour moi.

J’imaginais être ce genre de nana qui fait de la randonnée jusqu’à 2h avant son accouchement. Ma mère m’avait vendu un tel état de plénitude…

Au lieu de quoi je me suis trimballé des jambes en poteaux les 4 derniers mois, avec un syndrôme du canal carpien qui faisait que je n’arrivais même plus à tartiner mon pain le matin (déjà que je n’ai qu’une main!). Ajoutez un petit (petit hein) diabète gestationnel qui allonge la liste des trucs interdits dans mon assiette…

Mais à côté de ça, j’ai adoré sentir ma fille gigoter et même avoir le hoquet, j’ai tant aimé voir Marshall être d’abord surpris, puis s’amuser avec sa fille in utero grâce à l’haptonomie (merci la super doc des Bluets!). Je me suis même trouvée belle (poteaux mis à part) pendant cette grossesse. Oui, être enceinte m’allait merveilleusement bien dans les moments où je ne ressentais pas de douleurs. Et puis j’ai adoré me faire chouchouter par mon petit mari chéri aussi!

Malgré tout, j’ai alterné les moments de joie et les moments d’angoisse intense, cette peur que tout s’arrête, ou pire, que ma puce naisse avec un problème de santé.

Mais bon, je me dis que ce ne sont là que des angoisses légitimes que n’importe quelle future mère peut ressentir.

La grossesse m’a permis de reconnecter avec des gens chers à mon cœur aussi. Mais différemment. Sans me jeter à corps perdu comme je pouvais le faire auparavant (trop d’attentes = sentiment de trahison à la moindre déception). Mon cocon familial, qui n’a fait que se renforcer ces derniers mois (et quand je dis famille je parle de celle que j’ai choisie de reconnaître comme telle, c’est-à-dire ma belle-famille, quelques amis, et seulement quelques membres de ma famille de sang) reste essentiel à mes yeux, et j’ai eu tendance à franchement couper avec le reste du monde. Peu m’importe le nombre, l’essentiel est l’intensité du lien.

Mon père a fait de gros efforts pour s’inquiéter de moi. En même temps on pouvait papoter diabète, ça le rassurait! ^^

Ma mère m’a fait un coup fumeux, même si ça m’a semblé inconscient.

Je ne sais pas si elle était au courant de ma grossesse, pas par mes proches en tous cas (j’ai longtemps ressassé l’idée de lui annoncer ou pas, j’ai même écrit une lettre que je n’ai pas envoyée). En tous cas, un jour de préparation à la naissance, le 25 juillet, en allant aux toilettes, mon téléphone sonne. Je réponds rarement au téléphone, préférant les sms, mais là, je ne sais pas pourquoi j’ai pris mon portable et j’ai vu apparaître « maman port ». J’ai hésité jusqu’au dernier moment et j’ai fini par décrocher:

« -Allô?

(ma mère) -Je suis bien chez Orange?

-Non, c’est ta fille.

(le téléphone de ma mère) -bip bip bip. »

Je ne saurai jamais si c’était une feinte (ce qui ne lui ressemble guère) ou si c’était inconscient, en tout cas pour quelqu’un qui m’a rayé de sa vie, c’est curieux quelle ait conservé mon numéro dans son portable.

Ça a suffit pour que je réalise que ça m’atteignait encore, mais aussi que je n’avais pas l’intention d’essayer de la rappeler.

Mais comme quoi elle sait toujours se rappeler à mon bon souvenir au meilleur moment.

Sinon, les cours de préparation à la naissance… ben c’est quand même bien utile. On n’apprend pas tout, mais y a quand même quelques trucs… C’est fou mais autant avec la PMA on devient des pros de l’anatomie de l’appareil reproducteur, autant moi y avait des trucs de l’accouchement qui m’échappaient carrément! Comment ça, après avoir sorti douloureusement l’être tant attendu faut se remettre au boulot pour expulser un énorme steak (si si, énorme!!)? ça sort pas tout seul ce truc? Et puis après s’être tapé des contractions pendant des heures (voire des jours) avant l’expulsion, ça recommence après? les quoi? les tranchées? comme en 14-18 c’est ça? (indice: je pense réellement que c’est une référence à la guerre!) Et mon bébé va avoir une tête d’extraterrestre à la naissance?

extraterrestres2

Bref, se préparer, c’est important. Mais j’ai zappé volontairement le cours sur « et si ça se passe pas comme prévu? ».

Et bingo, ça s’est pas tout à fait passé comme prévu.

Une réponse sur “« Voilà, c’est fini ». Part One: la grossesse”

  1. c’est une page qui se tourne. C’est super que ça se finisse bien.
    je souhaite juste savoir comment tu gérais, le syndrome du canal carpien. Car j’en soufre actuellement mais je ne sais pas quoi faire. C’est horrible.
    en tous cas pleins de bonne chose à vous et surtout au petit chat.

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