« Voilà, c’est fini ». Part 3: des débuts difficiles

Voilà, ma puce est née. Elle est parmi nous après ces années d’attente. Elle s’est jetée voracement sur mon sein gauche. Je me rappelle avoir dit que j’avais l’impression que ce n’était pas comme il fallait. On m’a dit « Elle tête, pour moi c’est que tout va bien ». Elle a tété ainsi plus d’une heure. Et mon sein n’a été que douleur.J’ai donc focalisé sur le sein droit.Ça a été difficile, douloureux. Le lundi on l’a passé avec une auxiliaire de puer à essayer de la mettre comme il faut, mais toujours elle restait en surface. Provoquant en moi des cris de rejet tellement j’avais mal.On a recueilli le colostrum à la petite cuillère pour qu’elle mange.Et la 3e nuit, elle n’a été que cris. Une infirmière a finit par me la prendre quelques heures pour que je puisse me reposer. Elle m’apprend seulement la nuit suivante qu’elle a réussi à la calmer en la complétant au lait artificiel. Et moi qui ai cru toute la journée que c’était moi qui n’y arrivait pas.Le mardi matin le pédiatre passe, petit vieux peu communicatif qui vient faire les examens de routine. Je lui parle du problème de tétée. Lui dit que les puer ont parlé d’une possible bouche trop petite. Il ne regarde pas et secoue les épaules en répondant que les bouches trop petites ça n’existe pas.Je tire donc mon lait avec la trayeuse électrique, tout en complétant au lait artificiel. Nous devons réveiller notre puce toutes les 2 heures pour qu’elle mange 30 ml à la seringue (dans cet espoir qu’elle prendra un jour le sein).On me parle d’osteo, de consultante en lactation… Mais c’est la semaine du 15 août, il n’y a personne.Nous partons le mercredi 15 août de la maternité, juste avant ma montée de lait, car la 2e partie de ma chambre double a fini par être occupée et que ça m’est insupportable, ce manque d’intimité. On m’aura opposé ma tension trop haute (due à la pré-éclampsie), et j’aurai répondu que le stress me la ferait monter plus sûrement encore.Partie donc un 15 août, sans tire-lait électrique. Il est commandé mais arrivera seulement le vendredi. Et le jeudi j’ai ma montée de lait, au tire-lait manuel. Et ben c’est pas de la tarte, passée la surprise d’avoir deux obus à la place de mes traditionnels œufs au plat…Mais elle ne tête toujours pas. Et nous galérons tous les trois avec notre seringue.J’appelle alors au secours l’infirmière puer qui m’a accompagnée au SAPPH, service unique en France pour la parentalité des personnes handicapées. Compte-tenu de mon petit handicap j’avais accepté à contre-cœur mais j’avais vite changé d’avis une fois sur place.Cette infirmière donc, vient chez moi dès son retour de vacances, le mardi suivant avec la psy. Elle met direct un doigt dans la bouche de la puce et constate simplement qu’elle a le frein trop court.Dans l’attente d’un rdv orl, elle me fait essayer les bouts de seins en silicone. Sur le coup ça fonctionne. Mais dans la nuit, cela lui demande trop d’effort et c’est une nuit de cris et de pleurs partagés. Mon chéri finit par me demander l’autorisation de lui donner un biberon. Je cède, je suis une ruine.Le lendemain j’appelle une consultante en lactation pour savoir comment couper mon lait je ne supporte plus d’être prisonnière de la trayeuse.Au final je continue quand même, il y a un espèce d’enjeu dans ma tête à garder un peu de lait maternel.Le rendez-vous orl se passe, on me confirme le diagnostic et la nécessité d’inciser pour qu’elle n’ait pas de problème de diction plus tard. C’est rapide, 30 secondes de larmes et c’est oublié.Je repropose le sein de temps à autre. Sans succès. Et un jour je la sens demandeuse. J’appelle la consultante en lactation qui vient chez moi, et hop, elle la clippe au sein dans plein de positions différentes sans aucune difficulté.Ma fille a 1 mois et je peux enfin l’allaiter. Mais je ne pourrai jamais l’allaiter exclusivement.Si je raconte de façon mécanique,c’est qu’autant le personnel de la maternité a été exceptionnel sur plein de choses, autant aujourd’hui encore je reste très en colère sur ce « loupé » qui a empreint notre 1er mois d’une douleur inutile.Et pour le coup l’enjeu a été tel que ma fille a maintenant 8 mois et demi et je l’allaite toujours lorsqu’elle est avec moi. Heureusement sans être prisonnière de la machine, qui ne sert plus que lorsque la puce dort chez ses grands-parents.Certaines doivent se demander pourquoi je me suis acharnée (le psy de la mater parlait de dévotion… Moi j’étais consciente de faire de l’acharnement). Je pense qu’il y a un lien avec ma mère, qui non seulement m’allaitait, avec un immense bonheur disait-elle, mais aussi le reste du monde puisqu’elle fournissait un lactarium. Peut-être une part de moi se disait que si je n’étais pas capable de faire aussi bien qu’elle, je serais une mère pire qu’elle…J’avoue que mon idée première était de sevrer à la reprise du travail. Et nous voilà 5 mois plus tard et je continue. Avec bonheur souvent, avec fatigue et prise de poids aussi. Je ne sais pas jusqu’à quand, tant ma puce est demandeuse (alors qu’elle est diversifiée depuis 1 semaine avant ses 4 mois). J’ai l’impression d’être un doudou géant qui sert notamment à l’endormissement (plus galère pour le papa) vu qu’elle a toujours refusé la tétine, et en même temps j’aime cette prolongation de notre lien utérin. Ce n’est qu’un bébé après tout. Bon, un bébé qui se met debout avec appui et marche seule le long des meubles, mais un bébé.Et puis flûte, nous verrons bien. Ce qui est sûr c’est que si ce n’est pas elle qui décide un jour d’arrêter, je choisirai plutôt des vacances…

Une réponse sur “« Voilà, c’est fini ». Part 3: des débuts difficiles”

  1. Je suis épatée de lire que tu as tenue bon jusque là. moi dans ma tête je me dis qu’a six mois j’arrêterais l’allaitement. je reste sidérer quand même du retour du pédiatre et que personnes n’ai remarqué ce « petit problème » dès les premières mise aux sein. j’imagine les épreuves que tu as que vous avez traversés. Quand je pense que pour moi, j’avais juste peur de mal lui donner le sein, toutes les sages femmes de la maternité qui sont passé par ma chambre vérifiait comment je faisais, et à mon retour chez moi une conseillère est venue.
    l’essentiel c’est que vous ayez trouvé votre équilibre toutes les deux

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