« Voilà, c’est fini.  » Part. 2: l’accouchement

Bon, comme je n’ai plus le temps pour écrire, j’ai beaucoup tardé. Forcément le souvenir de l’accouchement en prend un coup, mais je vais tenter de rester fidèle… Et concise si j’y parviens.

Ma louloute était prévue pour le 26 août. Mais j’avais décrété, espéré qu’elle ne choisisse pas ce jour et même prévoie de naître avant le 20. D’une part parce que le frère de ma mère avec lequel j’ai coupé les ponts il y a bien longtemps est du 26 août, et d’autre part parce que ma mère et d’autres personnes toxiques sont vierges… Non non non, veux pas !

Mais j’espérais tout de même qu’elle choisisse son moment. Et finalement, en allant à mon dernier rendez-vous de contrôle, j’apprends que les poteaux qui me font office de jambes sont dûs à une pré-éclampsie, que j’ai de l’hypertension et une protéinurie élevée. C’était un jeudi. On me dit que je dois être déclenchée le mardi. Ouf, je pourrai aller à mon rendez-vous ostéo, juste obligatoire car mon bassin est, encore une fois, bloqué. Et finalement le verdict tombe: « on vous déclenche demain. »

Je pensais plus mal le prendre, sachant que j’étais absolument contre les déclenchements, mais comme il faut bien faire contre mauvaise fortune bon cœur, c’est mon amoureux qui n’a pas dormi. Moi, à mon habitude, j’ai ronflé comme un sonneur de cloches (ça n’a pas dû aider Marshall à dormir). Je crois qu’en fait j’avais quand même hâte de rencontrer ma choupette ! Et puis j’avais une certaine confiance dans l’équipe soignante.

Vendredi 10, on me pose donc un tampon Propess à 13h30, plus doux qu’une injection d’ocytocine. Tellement plus doux que ça n’a pas suffit. Chouquette dedans avait décidé de faire d’abord sa manucure avant de sortir.

Ça n’a pas suffit, mais ça n’a pas été de tout repos malgré tout !

On m’installe dans une chambre double, je range toutes mes petites affaires en chantonnant, arrive 21h et mon cher et tendre regagne ses pénates. A besoin de repos pour être au taquet quand le moment viendra, et la chienne doit sortir accessoirement.

30 min plus tard je chantonne beaucoup moins. Arrive une vague de contractions sympathiques, qui me valent d’être transférée en salle d’accouchement.

Là, sentant que ça pouvait prendre du temps et refusant qu’il risque de s’endormir au volant, je ne demande pas à prévenir le futur papa. Je profite alors de la baignoire. La première demi heure me soulage, la seconde m’étouffe. Je finis par faire le chien à la fenêtre tellement j’étouffe. Tout ça au rythme des hurlements gutturaux des femmes qui accouchent sans péridurale. Certes, elles accouchent vite, mais les entendre conforte mon choix d’avoir une péridurale !

Une sage-femme passe alors contrôler mon col… Je suis à 1 ou 2 cm de dilatation, autant dire que dalle ! Mais l’avantage d’être déclenchée, c’est que les soignants savent que le travail est tout de suite bien douloureux, j’ai donc droit à ma péridurale de suite ! D’autant que celle que je souhaite est celle qui est light et permet de marcher ou de m’éclater sur le ballon. La pose est, je l’avoue, assez désagréable, mais après la PMA c’est peanuts. Je suis quand même contente que mon cher et tendre n’ait pas vu cette grande aiguille, car je pense que c’est impressionnant à voir poser.
Je ne déambulerai point. Il est 1h, et je veux juste dormir. La péri m’offre du repos par tranche de 2h.
Vers 9h, je me décide à appeler Marshall, tout en lui disant de ne pas se presser, mon col ne s’ouvre guère.
A 13h30, soit 24h après la pose du tampon, on m’annonce que c’est mal parti. La veille on m’avait dit que si ça n’avait pas suffit on m’en reposerait un 2e, mais finalement la décision sera de me percer la poche des eaux. Encore un truc que je ne voulais pas à décocher sur mon projet de naissance… Je dois avouer que ce n’est absolument pas douloureux. Simplement mon lit (je suis alors en position semi-assise) se transforme en piscine. Sérieux, y a autant de flotte dans mon bidou ?
C’est là que les choses sérieuses commencent. Elles étaient mignonnes, les contractions de la nuit.
Mon col se dilate à vue d’œil. La sage-femme explique à mon mari qu’il faut pousser sur mes genoux pour me soulager. J’ai déjà adopté la position dans laquelle j’ai prévu d’accoucher. Sur le côté. Nous nous retrouvons donc dans cette situation incongrue où c’est moi qui beugle « pousse pousse pousse fort » à Marshall ! N’empêche que ça marche. Je retardé un peu la rallonge de péridurale pour être sûre de pouvoir aller gambader dans les couloirs (après tout je ne me suis quasiment pas levée de la journée) quand la sage femme, une toute jeune femme hyper pêchue qui peut faire du one-woman show m’annonce que c’est trop tard. Il est 18h et le bébé arrive.

Je suis vraiment ravie d’avoir accouché sur le côté et avec une péridurale light. D’une part ça a permis un travail tout à fait raisonnable. L’accouchement en soit a duré pile une demi heure. La péri light m’a permis de sentir les contractions arriver et de pousser efficacement et pas avec un train de retard. Mon périnée aussi a kiffé. J’ ai eu 3 points à la fourche, c’est-à-dire pas grand chose. Et encore je pense que je les dois à ma dernière poussée qui n’était pas calée sur une contraction. Mais j’étais tellement fatiguée que j’ai tout donné.

Je me souviens avoir demandé à ce que la sage-femme enlève ses mains, car j’avais l’impression de sentir ses ongles. Elle a souhaité que je repasse sur le dos pour l’expulsion, sûrement parce que c’était son premier accouchement sur le côté. J’ai essayé pour lui faire plaisir mais suis aussitôt repassée sur le côté, on m’avait privée de ma séance d’ostéo, et poser mon bassin de cette façon était juste hyper douloureux. L’avantage c’est qu’en passant ma puce m’a remis le bassin presque en place. L’inconvénient c’est qu’en sortant elle a aspergé la sage-femme qui s’est pris du liquide amniotique dans les yeux (et bim, ça c’est pour les ongles !).

Après j’ai eu un petit bébé, 2,758kg, et elle a fait sa part du job (merci l’haptonomie).
C’est vrai, on oublie. En fait non, on oublie les douleurs, et on s’en souvient comme d’un truc magique, pas si terrible que ça en fin de compte. Juste très très fatiguant.
Mais pas traumatisant. La preuve, j’ai déjà envie de remettre ça. Mais pas avant l’été hein, je veux kiffer mes mojitos au bord de la piscine !

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