Schizophrénie quand tu me tiens…

Ça y est. Je deviens schizo. Et bipolaire. Je passe du rire aux larmes, et j’entends des ptites voix intérieures.

Et surtout j’attends mes pu*** de règles. Ou pas. Disons que si elles doivent revenir, qu’elles arrivent maintenant! Sinon ça me va très bien qu’elles s’abstiennent, mais pour les bonnes raisons.

Une de mes ptites voix me dit que c’est normal que je morfle souffre légèrement du bas ventre depuis des semaines, que mon corps se remet, cicatrise (m’enfin faut pas déconner, il prend vraiment son temps! le sac utérin faisait que 17 mm et mon corps s’est plus vite remis d’un kyste ovarien de 6 cm… surtout que l’embryon est parti tout seul). Que de toute façon c’était un hasard qui ne se reproduira pas avant longtemps, que ça serait trop facile. Soyons logiques, avec nos gamètes pourries, c’est déjà un miracle qu’un nageur ait trouvé son chemin et que mon ovocyte l’ait laissé entrer! Et puis de toute façon si ça se trouve, mon endomètre est toujours pas capable de dépasser les 3 mm et c’est foutu foutu.

Une autre petite voix, celle de la sagesse, se dit que c’est pas fichu, mais que dans notre cas il faut un coup de pouce à la nature et qu’on va gentiment reprendre la PMA, avec l’embolisation des varicocèles, et faire la biopsie utérine. Et voir venir. Et attendre janvier avant la moindre tentative (flûte, janvier c’est super loin, une éternité ! ). Et économiser (une fois la taxe d’habitation payée, mais en théorie c’est notre dernière année ? ) pour payer l’IMSI.

La troisième ptite voix, elle, est surexcitée. Elle me dit que je n’ai toujours pas mes règles. Bon, elles devraient arriver ces jours-ci. Dr Kids dit entre mercredi et samedi. On n’est pas samedi. Mais on n’est plus mercredi. Je me donne jusqu’à mardi. Et en même temps c’est très con, parce qu’après une fausse couche c’est pas si simple. Et puis j’ai des douleurs de règles. Mais j’oublie pas que le premier coup j’ai eu mes règles genre normalement ! Et mon cerveau n’oublie pas que ma proprio/voisine/amie m’a dit qu’elle avait fait une fausse couche et qu’après ses règles n’ont pas réapparu avant 9 mois vu qu’elle attendait son fiston de 28 piges. Et puis j’ai des méga fringales de sucre alors qu’habituellement quand je mange pour remplir mon gouffre affectif c’est généralement du salé (guacamole, tartines grillées, fromages…) ou exclusivement des trucs au chocolat noir. Là si je ne me contrôlais pas (à moitié) je passerai la journée à engloutir des fruits, des petits gâteaux, des haribos… Et mon ventre ne dégonfle pas.

Bref, je déraisonne. Rien ne va plus. Et je sais comment ça va se finir :  en crise de larmes.

Parce que même avec les voix 1 et 2, je sais que c’est la 3e que j’ai envie d’écouter, parce que cette fichue grossesse arrivée d’on-ne-sait-où est venue relancer ce pu*** d’espoir du bébé nature, fabriqué intégralement dans l’entrepôt maternel, celui dont on rêve toutes.

Et puis que cet après-midi j’ai réussi à faire flipper une collègue qui a un cycle inhabituel en lui disant que j’avais eu mes règles, et des bien douloureuses, le premier mois. Et que s’ils prennent le risque de juste « faire attention » avec son compagnon, c’est que même pas prévu, ils sont prêts à accueillir un petitou. Et moi, même si je serais ravie pour elle, je suis pas sûre que je survivrai à une deuxième grossesse au bureau en simultané (une autre collègue étant enceinte de 3 mois qu’elle affiche rondement).

Arghhh. La nature m’en veut-elle tellement qu’elle a besoin de m’embrouiller le cerveau? et qu’elle m’a repris plus de seins qu’elle ne m’avait donné? Oui, mes supers nibars de début de grossesse me manquent!

Aller, je vais positiver un peu, ce matin je commence une super formation en ethnopsy, ça va me faire penser à autre chose. C’est parti pour un vendredi+samedi par mois jusqu’en juin !

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