Petit point avant gros bilan…

Bon. J’ai dézingué. Ça m’a pris le 1er décembre. Mon service était fermé au public jusqu’à 17h exceptionnellement car la psy nous faisait une journée « mise à jour de la psychologie de l’adolescent » (à l’approche des fêtes on a de plus en plus de nos jeunes qui sont sur un versant psy et décompensent… mais je m’égare). Je l’attendais cette journée car c’est toujours intéressant de rafraîchir ses connaissances.

Seulement voilà, la psy, c’est elle qui est tombée enceinte de son 2e deux semaines avant ma grossesse surprise… Elle affiche donc un beau ventre bien rond. Et le mien aurait pas dû être loin. Du coup ça couvait doucement mais le jour j… Au bout de 5 minutes les larmes coulaient toutes seules. J’ai d’abord essayé de les essuyer discrètement, puis la fontaine continuait, continuait. Je me suis donc éclipsée aux toilettes où les gros sanglots et mon bide tout tordu par le stress ont pu s’en donner à coeur joie, et j’ai attendu la pause pour récupérer mes affaires et discuter avec ma chef.

J’ai beaucoup de chance. Elle suit de près mon parcours et si elle sait se positionner en chef, elle n’oublie pas que nous traitons chaque jour avec de l’humain, plus particulièrement avec leurs souffrances et leurs empêchements, et que ça peut être compliqué quand les nôtres nous débordent. Si je sens que mes absences peuvent irriter certains collègues, je sais que la majorité est pleine de sollicitude, souvent avec pudeur, surtout ceux qui se doutent mais auxquels je n’ai jamais dit clairement « je suis en PMA et j’ai vécu une fausse couche sur ma première lueur d’espoir en 5 ans de tentatives de procréation ».

C’est donc avec la bénédiction de ma chef que j’ai quitté le boulot, atterri chez le médecin. 

Ça a donc fini avec dix jours d’arrêt. Dix jours où je me suis occupée de moi. Et un peu de Noël.

J’ai toujours tendance à beaucoup culpabiliser vis à vis de Marshall ou de ses parents, qui n’ont jamais été du genre à s’arrêter. Quand ma belle-mère a failli mourir dans un accident de voiture, a passé plusieurs mois à l’hôpital dont plus d’une semaine dans le coma, mon mari, alors âgé de 15 ans et présent dans la voiture au moment de l’accident, est retourné en cours le surlendemain. Histoire qu’il se remette de ses quelques points de suture quand même ! 

Mais du coup, cet arrêt m’a permis de continuer le plan d’attaque de plus belle.

J’avais commencé le 24 novembre des séances de Reiki. D’ailleurs elle pense que c’est aussi ça qui m’a fait décompenser. Fallait que ça sorte.

J’ai repris le 2 décembre ma thérapie en Gestalt. En intensif. Trois fois je l’ai vu en 10 jours ! Heureusement qu’il me fait un forfait au mois (au prix d’une séance mais chuuuttt ! ) Bon, par contre j’ai dû annuler l’acupuncture. 

J’ai vu un gynéco extérieur pour la pu*** d’infection urinaire latente qui me pourrit la vie depuis un mois.

J’ai un peu mis en ordre mon intérieur. 

Je me suis éclatée à faire des cosmétiques maison en cadeau (et pour bibi aussi) (merci aroma-zone ! ).

J’ai dessiné.

J’ai tenté de remettre les notes de ma formation au propre.

J’ai câliné mes animaux.

Et puis j’ai lu. D’habitude je n’aime que les romans. Policiers, historiques… Mais là, les bibliothèques bien fournies de Paris (bien plus que celle de ma p’tite ville de banlieue) sont mes amies. Un bouquin d’une psy (qui a étudié l’ethno avec Devereux, et qui fait de l’ethnopsy, tiens donc) qui traite beaucoup de pmettes :  Voyage au pays des infertiles. Et puis un bouquin du Professeur Olivennes. Tout ça au hasard de la biblio. Puis je me suis rendu compte que c’était celui qui partageait le cabinet de la fameuse Dr Hope. Donc j’ai décroché mon téléphone et pris rendez-vous. Pour le 2 février. Pour un second avis. Juste pour voir. Nous n’aurons pas les moyens d’être suivis par lui. Nous restons dans le public. Et puis ils ont bossé quand même. 

Mais un avis extérieur, de quelqu’un qui a d’autres expériences… Je ne pense pas que Dr Kids sera vexé. Il fera semblant de l’être peut-être, car il est taquin. Mais je ne pense pas. De toute façon c’est mon corps, nos gamètes… Voilà quoi.

Mon psy m’a dit que j’étais tellement occupée à trouver injuste que le monde entier ne reconnaisse pas ma douleur d’avoir perdu ma lentille, qu’on me dise « ça arrive souvent » (et mon poing dans ta gueule tu le sens là qu’il arrive ?) qu’en vrai je ne m’étais pas autorisée à avoir juste mal. J’étais plus occupée à gémir et à m’agiter, et à me mettre en colère.

Donc voilà. J’ai pris du temps pour moi. MA gueule à moi ! 

Et le rendez-vous avec le Grand professeur sera bien assez tôt l’heure du bilan. Pas envie de compter le nombre de piqûres et de prise de sang cette année, le nombre d’examens, d’hormones…

Je constate juste que mon corps doit continuer à penser que je suis enceinte (ohé, réveille-toi, y a personne à bord) car mes hanches ont continué à s’élargir et je ne ferme plus les 3/4 de mes pantalons. Donc on passe les fêtes et on essaie de faire gaffe. Me and me again ! 

En attendant, j’ai repris le taf hier sans encombres, demain et samedi retour en formation, lundi récup, deux jours de boulot et hop, en vacances jusqu’au 1er janvier ! 

Je vous souhaites à tous (y a vos chéris aussi hein ! ) de bonnes fêtes. Même si c’est un moment qui nous rappelle le manque dans notre vie, il faut aussi profiter des gens qui nous aiment, famille vraie ou famille de coeur. Écarter les personnes qui nous font péter un câble. Et croire qu’un jour on ajoutera un berceau au pied du sapin.

(et je crois bien que j’ai raté ma gare et que je vais atterrir dans le département d’après… fuck !! )

Une pensée sur “Petit point avant gros bilan…”

  1. Je te souhaite de très bonne fêtes également. Tu as raison de demander un autre avis c’est plus tôt conseillé. Profite bien des vacances. A 2018!

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