« Let it go » ou la fausse-couche prévue

L’objectif maintenant de le laisser partir. Ce petit bout de nous, cette petite lentille devenue haricot.

Ce qui est bête dans tout ça, c’est que vu mon taux lundi, la lentille a dû arrêter d’évoluer avant même qu’on ne sache que j’étais enceinte. Mais la lentille était au bureau avec moi, ou chez mon père quand j’étais à quatre pattes sous sa baignoire pour nettoyer, ou quand j’essayais d’attraper sa minette qui m’a charcuté la main avant que je me déguise en manifestant black block (c’est d’actualité) pour l’attraper (au bout de trois jours j’ai réussi à avoir des câlins… avant de la laisser chez une amie qui va faire office de famille d’accueil).

Mercredi ça allait, finalement, d’avoir passé la journée avec ma voisine et ma bouillotte (on ne se moque pas). Le soir, j’ai dormi comme si j’avais pris un somnifère… je me suis littéralement écrasée dans mon lit.

Le lendemain au réveil, me suis rendue compte que mes cuisses étaient pleines de sang séché. J’ai d’abord cru qu’il était parti. Que c’était l’effet psychologique de la certitude. Et puis google est mon ami, les blogs, les forums (une fois n’est pas coutume), et j’ai compris qu’à cette taille-là d’embryon je verrai une noix passer. Et que mes douleurs, devenues intermittentes, n’étaient rien. Et que j’allais être bien coincée chez moi en attendant…

J’angoisse, mais j’ai hâte aussi. Hâte d’aller de l’avant.

Mais ce matin, quand je me suis levée avec ce besoin d’écrire, de dire les choses… j’ai compris que ce n’étais pas si facile que je voulais bien le croire.

Hier j’étais positive, je parlais d’espoir pour la suite, de machine qui se met en route (il serait temps quand même!).

Je le pense toujours d’ailleurs. Mais ça reste quand même ma première grossesse. Ça reste quand même un deuil à faire.

Pas que j’aie eu le temps de m’attacher (quoi que…)… en tous cas j’ai eu le temps de racheter le livre « Un prénom pour la vie » [ancienne édition que ma mère avait et qui, pour une fois contient mon prénom peu courant]. Il va arriver samedi ou lundi.

Je sais que ça ne m’empêchera pas de reprendre cette guerre du prénom masculin avec mon cher et tendre. Je sais que je me projette vers le futur. Mais avant il faut d’abord que la lentille se décide à partir.

En tous cas, le traitement de toco500 et pentoxifylline sensés aider mon endomètre à s’épaissir a sacrement bien marché! Même sans vie, il reste accroché le bougre! Même pas arrivé au stade de foetus qu’il avait au moins ça de ses parents, tête de mule et incrusteur! Marshall est le petit troisième pas prévu, et moi-même j’étais prévue un an plus tard (j’ai dû capter qu’un an après ils auraient eu le temps de se rendre compte que leur mariage c’était pas l’idée du siècle) et je suis née alors que ma mère était sous pilule et que la capote était restée coincée!

Enfin, au moins des gènes qu’il avait chopé, parce que j’ai cette image des spermatozoïdes de Marshall qui sèment partout leur patrimoine génétique (sa fameuse fragmentation) et mon ovocyte en train de se dire qu’il a essayé d’en choper un qui semble potable mais qu’il va pas s’emmerder à galoper derrière ce qu’il laisse traîner et à le rassembler…

On verra ce qu’ils diront mes flemmards d’ovocytes quand des spermatozoïdes de compèt tout neufs arriveront après son embolisation de la varicocèle!! hein, f’ront moins les malins!

Bon, je  sais que chez Monsieurpapapa ça n’a pas été tout de suite probant (cf cet article), mais y en a chez qui ça met plus longtemps, et puis merde, faut bien se raccrocher à quelque chose, sinon tout ce qu’on fait ça sert à rien!

Sur ce, ça m’a fait du bien de me vider…

4 réponses sur “« Let it go » ou la fausse-couche prévue”

  1. Ils sont touchants tes articles, on sent bien combien une fausse couche est une épreuve difficile, n’en déplaise à ceux qui voudraient minimiser la chose… J’espère que vous arrivez à vous soutenir l’un l’autre, courage à vous…

    1. Ma belle-mère a fait une fausse à 3 mois avant d’avoir son pti dernier, mon mari. L’époque n’était pas à la compassion b donc on lui serinait qu’elle avait déjà 2 gosses. Et elle qui a failli y passer dans un accident de voiture, qui a subi je ne sais combien d’opérations et ne se plaint jamais, me dit qu’on n’oublie jamais. Qu’il y a toujours un pincement…

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