La décision

Il m’a fallu du temps. Il nous a fallu du temps. Si quand nous nous sommes rencontrés, mon chéri imaginait 3 enfants et moi je n’étais pas contre 2…

Mais 2 tentatives de FIV infructueuses, une fausse couche et une petite merveille surprise plus tard, nous n’avons pas osé. Pas osé espérer que le miracle se produise deux fois.

Miracle qui a été suivi de plein de changements très positifs puisque ça m’a permis de remuer des montagnes afin d’avoir un appartement à Paris via Action Logement, puis de changer de boulot pour un hôpital de jour à 30 min à pied (pratique lors de grèves), avec des journées continues donc des horaires parfaits pour une maman, des la moitié des vacances scolaires et 6 semaines l’été… Puis une admission en crèche une semaine avant mon changement de boulot.

Plein de bonnes choses je vous dis, trop beau pour être vrai !

Et puis après tout, notre puce est parfaite sur le papier, un développement au top, une chouchoute à la crèche.

Alors toutes les excuses étaient valables. Des vraies raisons ceci étant. Maintenant que nous sommes sur Paris pouvons-nous assumer les frais (beaucoup plus élevés) d’une bonne assistante maternelle (car les places en crèche ne tombent pas du ciel). La fatigue aussi. Notre puce est au top mais le sommeil c’est toujours la lutte. On nous avait prévenus en haptonomie, même si je me doute bien que mon côté angoissé n’aide pas.

Nous caressions aussi l’espoir de pouvoir nous acheter une petite bicoque secondaire avec jardin entre Tours et Angers à moins de 45000€ quand la puce serait en maternelle. Mais sans apport et avec les prix qui ont bondi depuis le confinement…

Mais ces prétextes cachaient pour ma part une angoisse plus profonde. Retraverser ce long désert de la procréation. Je parle de désert car rien ne m’est plus insupportable que cette attente, du bon moment du cycle, des règles qui débarquent, inlassablement. Et potentiellement d’un retour en PMA. C’est déjà éprouvant à deux, alors avec un petit bout qui demande beaucoup d’attention…

Mais je ne peux pas me voiler la face, mon AMH était déjà basse à 33 ans, j’imagine bien qu’à 38… ça n’a pas dû augmenter !

Au final c’est moi qui ai switché. Retour de séjour avec mes jeunes (une veine d’avoir pu partir une semaine en Auvergne juste avant les supers annonces du gouvernement). A cause de mes migraines, j’avais repris une pilule microdosée, cette détestable optimizette. Je n’ai jamais été du clan de celles qui n’ont plus de règles (3 semaines par mois avec l’implant) mais cette pilule m’a vraiment soûlée. Des règles n’importe quand n’importe comment. Et elles ont débarqué en plein séjour, avec l’humeur massacrante qui les accompagne.

Dans un grand ras le bol j’ai balancé ma plaquette en cours dès mon retour.

2020 a été particulière pour tout le monde, et s’il y a bien une chose que j’ai retenu c’est combien il est important de faire famille actuellement. Il peut sembler certes irresponsable de vouloir mettre au monde un être supplémentaire par les temps qui courent, mais en réalité j’ai besoin d’étoffer mon petit monde. Et puis ma puce, je la sens prête à être une grande sœur (même si cela ne se fera pas sans heurts).

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