« Voilà, c’est fini ». Part 3: des débuts difficiles

Voilà, ma puce est née. Elle est parmi nous après ces années d’attente. Elle s’est jetée voracement sur mon sein gauche. Je me rappelle avoir dit que j’avais l’impression que ce n’était pas comme il fallait. On m’a dit « Elle tête, pour moi c’est que tout va bien ». Elle a tété ainsi plus d’une heure. Et mon sein n’a été que douleur.J’ai donc focalisé sur le sein droit.Ça a été difficile, douloureux. Le lundi on l’a passé avec une auxiliaire de puer à essayer de la mettre comme il faut, mais toujours elle restait en surface. Provoquant en moi des cris de rejet tellement j’avais mal.On a recueilli le colostrum à la petite cuillère pour qu’elle mange.Et la 3e nuit, elle n’a été que cris. Une infirmière a finit par me la prendre quelques heures pour que je puisse me reposer. Elle m’apprend seulement la nuit suivante qu’elle a réussi à la calmer en la complétant au lait artificiel. Et moi qui ai cru toute la journée que c’était moi qui n’y arrivait pas.Le mardi matin le pédiatre passe, petit vieux peu communicatif qui vient faire les examens de routine. Je lui parle du problème de tétée. Lui dit que les puer ont parlé d’une possible bouche trop petite. Il ne regarde pas et secoue les épaules en répondant que les bouches trop petites ça n’existe pas.Je tire donc mon lait avec la trayeuse électrique, tout en complétant au lait artificiel. Nous devons réveiller notre puce toutes les 2 heures pour qu’elle mange 30 ml à la seringue (dans cet espoir qu’elle prendra un jour le sein).On me parle d’osteo, de consultante en lactation… Mais c’est la semaine du 15 août, il n’y a personne.Nous partons le mercredi 15 août de la maternité, juste avant ma montée de lait, car la 2e partie de ma chambre double a fini par être occupée et que ça m’est insupportable, ce manque d’intimité. On m’aura opposé ma tension trop haute (due à la pré-éclampsie), et j’aurai répondu que le stress me la ferait monter plus sûrement encore.Partie donc un 15 août, sans tire-lait électrique. Il est commandé mais arrivera seulement le vendredi. Et le jeudi j’ai ma montée de lait, au tire-lait manuel. Et ben c’est pas de la tarte, passée la surprise d’avoir deux obus à la place de mes traditionnels œufs au plat…Mais elle ne tête toujours pas. Et nous galérons tous les trois avec notre seringue.J’appelle alors au secours l’infirmière puer qui m’a accompagnée au SAPPH, service unique en France pour la parentalité des personnes handicapées. Compte-tenu de mon petit handicap j’avais accepté à contre-cœur mais j’avais vite changé d’avis une fois sur place.Cette infirmière donc, vient chez moi dès son retour de vacances, le mardi suivant avec la psy. Elle met direct un doigt dans la bouche de la puce et constate simplement qu’elle a le frein trop court.Dans l’attente d’un rdv orl, elle me fait essayer les bouts de seins en silicone. Sur le coup ça fonctionne. Mais dans la nuit, cela lui demande trop d’effort et c’est une nuit de cris et de pleurs partagés. Mon chéri finit par me demander l’autorisation de lui donner un biberon. Je cède, je suis une ruine.Le lendemain j’appelle une consultante en lactation pour savoir comment couper mon lait je ne supporte plus d’être prisonnière de la trayeuse.Au final je continue quand même, il y a un espèce d’enjeu dans ma tête à garder un peu de lait maternel.Le rendez-vous orl se passe, on me confirme le diagnostic et la nécessité d’inciser pour qu’elle n’ait pas de problème de diction plus tard. C’est rapide, 30 secondes de larmes et c’est oublié.Je repropose le sein de temps à autre. Sans succès. Et un jour je la sens demandeuse. J’appelle la consultante en lactation qui vient chez moi, et hop, elle la clippe au sein dans plein de positions différentes sans aucune difficulté.Ma fille a 1 mois et je peux enfin l’allaiter. Mais je ne pourrai jamais l’allaiter exclusivement.Si je raconte de façon mécanique,c’est qu’autant le personnel de la maternité a été exceptionnel sur plein de choses, autant aujourd’hui encore je reste très en colère sur ce « loupé » qui a empreint notre 1er mois d’une douleur inutile.Et pour le coup l’enjeu a été tel que ma fille a maintenant 8 mois et demi et je l’allaite toujours lorsqu’elle est avec moi. Heureusement sans être prisonnière de la machine, qui ne sert plus que lorsque la puce dort chez ses grands-parents.Certaines doivent se demander pourquoi je me suis acharnée (le psy de la mater parlait de dévotion… Moi j’étais consciente de faire de l’acharnement). Je pense qu’il y a un lien avec ma mère, qui non seulement m’allaitait, avec un immense bonheur disait-elle, mais aussi le reste du monde puisqu’elle fournissait un lactarium. Peut-être une part de moi se disait que si je n’étais pas capable de faire aussi bien qu’elle, je serais une mère pire qu’elle…J’avoue que mon idée première était de sevrer à la reprise du travail. Et nous voilà 5 mois plus tard et je continue. Avec bonheur souvent, avec fatigue et prise de poids aussi. Je ne sais pas jusqu’à quand, tant ma puce est demandeuse (alors qu’elle est diversifiée depuis 1 semaine avant ses 4 mois). J’ai l’impression d’être un doudou géant qui sert notamment à l’endormissement (plus galère pour le papa) vu qu’elle a toujours refusé la tétine, et en même temps j’aime cette prolongation de notre lien utérin. Ce n’est qu’un bébé après tout. Bon, un bébé qui se met debout avec appui et marche seule le long des meubles, mais un bébé.Et puis flûte, nous verrons bien. Ce qui est sûr c’est que si ce n’est pas elle qui décide un jour d’arrêter, je choisirai plutôt des vacances…

« Voilà, c’est fini.  » Part. 2: l’accouchement

Bon, comme je n’ai plus le temps pour écrire, j’ai beaucoup tardé. Forcément le souvenir de l’accouchement en prend un coup, mais je vais tenter de rester fidèle… Et concise si j’y parviens.

Ma louloute était prévue pour le 26 août. Mais j’avais décrété, espéré qu’elle ne choisisse pas ce jour et même prévoie de naître avant le 20. D’une part parce que le frère de ma mère avec lequel j’ai coupé les ponts il y a bien longtemps est du 26 août, et d’autre part parce que ma mère et d’autres personnes toxiques sont vierges… Non non non, veux pas !

Mais j’espérais tout de même qu’elle choisisse son moment. Et finalement, en allant à mon dernier rendez-vous de contrôle, j’apprends que les poteaux qui me font office de jambes sont dûs à une pré-éclampsie, que j’ai de l’hypertension et une protéinurie élevée. C’était un jeudi. On me dit que je dois être déclenchée le mardi. Ouf, je pourrai aller à mon rendez-vous ostéo, juste obligatoire car mon bassin est, encore une fois, bloqué. Et finalement le verdict tombe: « on vous déclenche demain. »

Je pensais plus mal le prendre, sachant que j’étais absolument contre les déclenchements, mais comme il faut bien faire contre mauvaise fortune bon cœur, c’est mon amoureux qui n’a pas dormi. Moi, à mon habitude, j’ai ronflé comme un sonneur de cloches (ça n’a pas dû aider Marshall à dormir). Je crois qu’en fait j’avais quand même hâte de rencontrer ma choupette ! Et puis j’avais une certaine confiance dans l’équipe soignante.

Vendredi 10, on me pose donc un tampon Propess à 13h30, plus doux qu’une injection d’ocytocine. Tellement plus doux que ça n’a pas suffit. Chouquette dedans avait décidé de faire d’abord sa manucure avant de sortir.

Ça n’a pas suffit, mais ça n’a pas été de tout repos malgré tout !

On m’installe dans une chambre double, je range toutes mes petites affaires en chantonnant, arrive 21h et mon cher et tendre regagne ses pénates. A besoin de repos pour être au taquet quand le moment viendra, et la chienne doit sortir accessoirement.

30 min plus tard je chantonne beaucoup moins. Arrive une vague de contractions sympathiques, qui me valent d’être transférée en salle d’accouchement.

Là, sentant que ça pouvait prendre du temps et refusant qu’il risque de s’endormir au volant, je ne demande pas à prévenir le futur papa. Je profite alors de la baignoire. La première demi heure me soulage, la seconde m’étouffe. Je finis par faire le chien à la fenêtre tellement j’étouffe. Tout ça au rythme des hurlements gutturaux des femmes qui accouchent sans péridurale. Certes, elles accouchent vite, mais les entendre conforte mon choix d’avoir une péridurale !

Une sage-femme passe alors contrôler mon col… Je suis à 1 ou 2 cm de dilatation, autant dire que dalle ! Mais l’avantage d’être déclenchée, c’est que les soignants savent que le travail est tout de suite bien douloureux, j’ai donc droit à ma péridurale de suite ! D’autant que celle que je souhaite est celle qui est light et permet de marcher ou de m’éclater sur le ballon. La pose est, je l’avoue, assez désagréable, mais après la PMA c’est peanuts. Je suis quand même contente que mon cher et tendre n’ait pas vu cette grande aiguille, car je pense que c’est impressionnant à voir poser.
Je ne déambulerai point. Il est 1h, et je veux juste dormir. La péri m’offre du repos par tranche de 2h.
Vers 9h, je me décide à appeler Marshall, tout en lui disant de ne pas se presser, mon col ne s’ouvre guère.
A 13h30, soit 24h après la pose du tampon, on m’annonce que c’est mal parti. La veille on m’avait dit que si ça n’avait pas suffit on m’en reposerait un 2e, mais finalement la décision sera de me percer la poche des eaux. Encore un truc que je ne voulais pas à décocher sur mon projet de naissance… Je dois avouer que ce n’est absolument pas douloureux. Simplement mon lit (je suis alors en position semi-assise) se transforme en piscine. Sérieux, y a autant de flotte dans mon bidou ?
C’est là que les choses sérieuses commencent. Elles étaient mignonnes, les contractions de la nuit.
Mon col se dilate à vue d’œil. La sage-femme explique à mon mari qu’il faut pousser sur mes genoux pour me soulager. J’ai déjà adopté la position dans laquelle j’ai prévu d’accoucher. Sur le côté. Nous nous retrouvons donc dans cette situation incongrue où c’est moi qui beugle « pousse pousse pousse fort » à Marshall ! N’empêche que ça marche. Je retardé un peu la rallonge de péridurale pour être sûre de pouvoir aller gambader dans les couloirs (après tout je ne me suis quasiment pas levée de la journée) quand la sage femme, une toute jeune femme hyper pêchue qui peut faire du one-woman show m’annonce que c’est trop tard. Il est 18h et le bébé arrive.

Je suis vraiment ravie d’avoir accouché sur le côté et avec une péridurale light. D’une part ça a permis un travail tout à fait raisonnable. L’accouchement en soit a duré pile une demi heure. La péri light m’a permis de sentir les contractions arriver et de pousser efficacement et pas avec un train de retard. Mon périnée aussi a kiffé. J’ ai eu 3 points à la fourche, c’est-à-dire pas grand chose. Et encore je pense que je les dois à ma dernière poussée qui n’était pas calée sur une contraction. Mais j’étais tellement fatiguée que j’ai tout donné.

Je me souviens avoir demandé à ce que la sage-femme enlève ses mains, car j’avais l’impression de sentir ses ongles. Elle a souhaité que je repasse sur le dos pour l’expulsion, sûrement parce que c’était son premier accouchement sur le côté. J’ai essayé pour lui faire plaisir mais suis aussitôt repassée sur le côté, on m’avait privée de ma séance d’ostéo, et poser mon bassin de cette façon était juste hyper douloureux. L’avantage c’est qu’en passant ma puce m’a remis le bassin presque en place. L’inconvénient c’est qu’en sortant elle a aspergé la sage-femme qui s’est pris du liquide amniotique dans les yeux (et bim, ça c’est pour les ongles !).

Après j’ai eu un petit bébé, 2,758kg, et elle a fait sa part du job (merci l’haptonomie).
C’est vrai, on oublie. En fait non, on oublie les douleurs, et on s’en souvient comme d’un truc magique, pas si terrible que ça en fin de compte. Juste très très fatiguant.
Mais pas traumatisant. La preuve, j’ai déjà envie de remettre ça. Mais pas avant l’été hein, je veux kiffer mes mojitos au bord de la piscine !

« Voilà, c’est fini ». Part One: la grossesse

PPffiouh… Je vais y arriver… Il paraît que ça se fait de conclure.

Des mois et des mois depuis mon dernier article, du coup celui-ci risque d’être un peu long, voire en plusieurs parties.

J’avais créé ce blog pour parler de l’infertilité de mon couple, en espérant que poser des mots sur nos maux aiderait. Qu’échanger avec des femmes (et des hommes) qui la vivent au quotidien pour des raisons diverses et variées me permettrait de m’apaiser.

Cette communauté est riche, et je vous remercie tou(te)s pour le soutien, qui s’est passé aussi bien sur mon blog que via les commentaires sur les vôtres (surtout ces derniers mois).

C’est bien parce que c’est un blog sur notre infertilité que je n’ai pas réussi à parler de ma grossesse.

Aujourd’hui notre petit chat est là. Il est temps de clôturer, de m’autoriser à tourner cette page. Rien que de l’écrire j’en ai les larmes aux yeux, mélange de souffrances qui resurgissent et de joie incommensurable.

Je me suis sentie schizophrène durant cette grossesse, une partie de moi étant très consciente que j’étais enceinte, et l’autre partie oubliant souvent au réveil que j’étais deux, jusqu’à ce que je finisse par cogner mon bide contre une porte mal ouverte…

Je ne peux pas dire que j’ai adoré être enceinte, et je ne peux pas dire non plus que j’ai détesté. J’ai été arrêtée 3 semaines au 4e mois car mes côtes en avaient pris un coup et j’ai été condamnée au repos assise forcé, puis j’ai été à nouveau arrêtée jusqu’au bout 1 mois et demi avant le congé mat car trop de transports (et de grèves…) et du coup de contractions et autres joyeusetés. Je n’ai eu que des maux bénins (pas de cerclage ou autre) mais j’ai mal vécu de ne pas être autonome. Faut dire qu’à 35 balais je n’ai toujours pas le permis mais que j’ai toujours beaucoup bougé malgré tout, donc la dépendance c’est très dur pour moi.

J’imaginais être ce genre de nana qui fait de la randonnée jusqu’à 2h avant son accouchement. Ma mère m’avait vendu un tel état de plénitude…

Au lieu de quoi je me suis trimballé des jambes en poteaux les 4 derniers mois, avec un syndrôme du canal carpien qui faisait que je n’arrivais même plus à tartiner mon pain le matin (déjà que je n’ai qu’une main!). Ajoutez un petit (petit hein) diabète gestationnel qui allonge la liste des trucs interdits dans mon assiette…

Mais à côté de ça, j’ai adoré sentir ma fille gigoter et même avoir le hoquet, j’ai tant aimé voir Marshall être d’abord surpris, puis s’amuser avec sa fille in utero grâce à l’haptonomie (merci la super doc des Bluets!). Je me suis même trouvée belle (poteaux mis à part) pendant cette grossesse. Oui, être enceinte m’allait merveilleusement bien dans les moments où je ne ressentais pas de douleurs. Et puis j’ai adoré me faire chouchouter par mon petit mari chéri aussi!

Malgré tout, j’ai alterné les moments de joie et les moments d’angoisse intense, cette peur que tout s’arrête, ou pire, que ma puce naisse avec un problème de santé.

Mais bon, je me dis que ce ne sont là que des angoisses légitimes que n’importe quelle future mère peut ressentir.

La grossesse m’a permis de reconnecter avec des gens chers à mon cœur aussi. Mais différemment. Sans me jeter à corps perdu comme je pouvais le faire auparavant (trop d’attentes = sentiment de trahison à la moindre déception). Mon cocon familial, qui n’a fait que se renforcer ces derniers mois (et quand je dis famille je parle de celle que j’ai choisie de reconnaître comme telle, c’est-à-dire ma belle-famille, quelques amis, et seulement quelques membres de ma famille de sang) reste essentiel à mes yeux, et j’ai eu tendance à franchement couper avec le reste du monde. Peu m’importe le nombre, l’essentiel est l’intensité du lien.

Mon père a fait de gros efforts pour s’inquiéter de moi. En même temps on pouvait papoter diabète, ça le rassurait! ^^

Ma mère m’a fait un coup fumeux, même si ça m’a semblé inconscient.

Je ne sais pas si elle était au courant de ma grossesse, pas par mes proches en tous cas (j’ai longtemps ressassé l’idée de lui annoncer ou pas, j’ai même écrit une lettre que je n’ai pas envoyée). En tous cas, un jour de préparation à la naissance, le 25 juillet, en allant aux toilettes, mon téléphone sonne. Je réponds rarement au téléphone, préférant les sms, mais là, je ne sais pas pourquoi j’ai pris mon portable et j’ai vu apparaître « maman port ». J’ai hésité jusqu’au dernier moment et j’ai fini par décrocher:

« -Allô?

(ma mère) -Je suis bien chez Orange?

-Non, c’est ta fille.

(le téléphone de ma mère) -bip bip bip. »

Je ne saurai jamais si c’était une feinte (ce qui ne lui ressemble guère) ou si c’était inconscient, en tout cas pour quelqu’un qui m’a rayé de sa vie, c’est curieux quelle ait conservé mon numéro dans son portable.

Ça a suffit pour que je réalise que ça m’atteignait encore, mais aussi que je n’avais pas l’intention d’essayer de la rappeler.

Mais comme quoi elle sait toujours se rappeler à mon bon souvenir au meilleur moment.

Sinon, les cours de préparation à la naissance… ben c’est quand même bien utile. On n’apprend pas tout, mais y a quand même quelques trucs… C’est fou mais autant avec la PMA on devient des pros de l’anatomie de l’appareil reproducteur, autant moi y avait des trucs de l’accouchement qui m’échappaient carrément! Comment ça, après avoir sorti douloureusement l’être tant attendu faut se remettre au boulot pour expulser un énorme steak (si si, énorme!!)? ça sort pas tout seul ce truc? Et puis après s’être tapé des contractions pendant des heures (voire des jours) avant l’expulsion, ça recommence après? les quoi? les tranchées? comme en 14-18 c’est ça? (indice: je pense réellement que c’est une référence à la guerre!) Et mon bébé va avoir une tête d’extraterrestre à la naissance?

extraterrestres2

Bref, se préparer, c’est important. Mais j’ai zappé volontairement le cours sur « et si ça se passe pas comme prévu? ».

Et bingo, ça s’est pas tout à fait passé comme prévu.

Tout va bien

Pour l’instant tout va bien.

Après une nuit blanche (forcément), nous sommes arrivés aux bluets en avance. Du coup on a été les premiers à passer à l’écho, surtout que les autres étaient parties à la prise de sang, monitoring d’ovulation oblige.

Déception au début, seule l’interne aux gros doigts était là. Elle nous a proposé d’attendre Dr Cute bis mais on avait quand même trop hâte. Et Dr Cute bis est arrivée pendant l’introduction de l’endochatte. Deux docs juste pour nous. Pile poil pour voir ce petitou et son petit coeur battre vite vite. J’ai chialé forcément. Et je crois que Marshall a fini d’avaler sa langue quand elles ont tourné l’écran vers lui.

Tellement émus qu’en fait on ne sait même pas sa taille…juste qu’elle correspond. 5SG et 3 jours.

Je n’oublie pas quand même que c’est à peu près au même moment que l’embryon avait arrêté d’évoluer la dernière fois. Mais la dernière fois, j’avais eu des règles anniversaire, la santé de mon père, plusieurs prises de cachetons costauds pour les migraines, la pentoxifylline, mais je n’avais pas  eu le scratching (même si c’était une biopsie) de complément de progestérone, de nausées…

Bref, on va croiser les doigts et y croire très fort. Peut-être qu’au bout de tant d’années mon corps a enfin compris comment ça marche !

Je vous embrasse. Meilleurs voeux et plein de chance à toutes, je partage volontiers.

A gerber…

WordPress propose des articles semblant ressembler aux articles qu’on vient de lire. Et vient de me proposer ça. 

Même si, bien sûr que plus on est à la pointe pour la procréation médicale, plus les écarts et les effets pervers sont possibles. 

Mais vraiment ? Le mec ose pondre ce genre de truc réducteur ? J’ai l’impression d’être le Grand méchant diable d’un coup. Ou dans « Bienvenue à Gattaca ».

Mais j’ai surtout envie de lui gerber dessus ! 

https://wp.me/p2IYzI-130

Déboussolée

J’ai eu une surprise le samedi 23. Bien que la PMA soit fermée, la secrétaire m’a répondu qu’après avoir demandé l’avis d’un médecin il fallait que j’aille aux urgences.

Donc une fois mon amie et ma filleule partie, direction Paris et les urgences des Bluets. Là c’est Dr Cute bis (celle de la biopsie) qui nous a reçu. Et a confirmé ce que je pensais, trop tôt pour un battement de coeur. Petitou faisait 3 mm le 23 décembre. Elle ne pouvait absolument pas de prononcer sur la viabilité. Un peu inquiète cependant des taux même si, en effet, ils ont tendance à ralentir passé un certain stade, et aussi une poche viteline pas aussi tendue qu’il le faudrait, signe peut-être d’un décollement.

Il faut donc patienter. En théorie je pourrais tenter les urgences aujourd’hui, mais elle revient mardi et avait l’air de préférer que je vienne m’ajouter à ses contrôles de traitement du matin.

Et comme Marshall et moi avons accroché… Je me dis que si c’est bien une fausse couche elle sera plus à même de nous projeter déjà pour la suite, ce qui, d’expérience, est juste nécessaire si je ne veux pas m’effondrer. Bon. De toute façon je m’effondrerai.

Jamais enceinte et là je me taperais deux fausses-couches en 4 mois ? Non, c’est insupportable et injuste. Mais la vie est souvent injuste, c’est un fait.

Je crois que je n’ai jamais eu autant hâte de reprendre le boulot.

D’une part l’échographie qui nous dira si l’embryon tient toujours est le matin de la reprise, d’autre part si je vais bosser direct c’est que tout va bien !

J’ai tenté de me détendre un peu ces derniers jours, de profiter de notre escapade avec Marshall (au passage je recommande le château de Brézé près de Saumur, fascinant avec tous ses souterrains ! ).

Notre séjour a été rythmé par les nausées, mais je ne sais que trop bien que les symptômes sont là jusqu’au dernier moment puisque la dernière fois j’ai réalisé que j’avais ces symptômes (mais pas les nausées) une fois l’évolution de la grossesse arrêtée à 6,5 semaines.

Ce furent donc des fêtes éreintantes, et comme la récompense ne dépend pas de la souffrance, on ne peut même pas dire qu’on a mérité ce petitou.

Même Noël a été pourri alors qu’il y avait toute la famille de mon mari. Le sujet a été tabou toute la soirée (au moins eux ne font pas de remarques déplacées), tout le monde était bourré sauf mon beau-père et moi… et les gosses, auprès desquels j’ai trouvé refuge. Normalement quand les trois frères sont ensemble je m’en prends plein la gueule et le jeu est de les tacler en retour, mais à croire que j’avais un statut d’intouchable. Me suis ennuyée. Sauf en jouant à Mario Kart avec les loulous.

Demain c’est à nouveau réveillon. Avec le « tonton picole » (au moins l’oncle de Marshall est plus sympa que le mien qui est « tonton raciste », on y a eu droit le 24 après-midi). Pas de jeux de société en perspective, on va déprimer je pense.

Bref, hâte d’être à mardi. Et en même temps je redoute ce jour au point d’avoir été debout de 3h à 7h cette nuit.

Croisons les doigts…

Comme un ras de marée…

Je m’excuse d’avance auprès des quelques amies très proches qui lisent mon blog. Je n’ai pas le courage de les appeler. Mais j’avais besoin de déballer.

Déjà que Noël c’était pas la joie vu les souvenirs de famille que j’en ai (des cris, des cris… et encore des cris). Celui-ci restera dans les annales.

Je suis à nouveau enceinte.

Mon cycle précédent a été un peu perturbé par la biopsie utérine (qui fait effet scratching par la même occasion pour celle qui connaissent). Il a duré seulement 22 jours vu que j’ai arrêté le provamès après. Donc règles le 16 novembre.

J’aurais dû ovuler entre le 27 et le 29 novembre. Marshall s’est fait opéré le 27. Notre dernier rapport datait du 25 nous semble-t-il.

Et bim. Un truc a encore pointé son nez. Sauf que là, je l’ai su toute suite. Je me suis sentie enceinte tout de suite. J’ai sauté sur le dernier pipi test traînant à la maison et la barre s’est affichée, bien foncée!

Le midi j’ai foncé au labo. 897 Ui/ml. J’ai du résister, résister à la tentation de le partager avec mon cher et tendre. Mais j’ai tenu.

Mon psy m’avait demandé de me dessiner enceinte, 10 jours plus tôt, voir si j’arrivais à mentaliser le truc. Du coup plutôt que de me dessiner seule, j’ai repris une photo de mariage et je nous ai dessinés ensemble, les bras de Marshall autour de mon ventrou. Je ne suis pas une artiste, mais je m’en sors suffisamment pour qu’on nous reconnaisse.

Et ce fameux dessin m’a donné une idée. Nous sommes trois de fin décembre dans ma belle-famille. Cette année le samedi (où c’est plus pratique pour tout le monde) où on s’est réuni pour « fêter » ça, tombait pile sur l’anniversaire de Marshall. Je lui ai donc offert le dessin accompagné des résultats du labo.

Je l’ai fait en famille parce que de toute façon je suis grillée chez eux dès que je ne picole pas un peu ou que j’évite le saucisson… et avec Noël qui arrive, avec les périgourdins qui amènent le foie gras maison dont ils me savent friande… bref, j’ai assumé. Et puis j’y croyais dur comme fer ce coup-ci. Et mon psy en était ravi.

Sauf que mercredi (mon anniversaire) grosse boule au ventre. Tant pis, c’est irrationnel, mais je retourne au labo et je « m’offre » une prise de sang.

Le taux tombe 3h plus tard, pas terrible.

Quand j’arrive à joindre la sage-femme de  la PMA qui suit depuis le début, elle est mitigée et me renvoie refaire un test vendredi (donc hier). Encore moins terrible.

En faisant la prise de sang j’avais demandé à avoir un compte-rendu vu que je sais que les biologistes PMA sont dans les lieux. On m’a dit que ce n’était pas possible, mais qu’on m’en envoyait une là tout de suite pour interpréter les précédents résultats.

Elle vient donc, est mitigée aussi. Me dit que si la prochaine est entre 10000 et 12000 on est sauvé, si c’est à 8000 ça craint.

Le verdict est tombé à 17h30: 9365.

Capture

Donc vraisemblablement je suis à nouveau en train d’aller vers une fausse couche.

Une seconde. Et la PMA est fermée toute la semaine. Et tous les gynécos que je connais sont en vacances. Et à ce jour, une écho ne montrerait pas grand chose puisque d’après mes calculs j’en suis à 3 semaines de gestation et 5 jours (soit 5 SA et 5 jours) car je me fie plus à notre dernier rapport qu’à mes règles. Et demain c’est le réveillon. Avec la famille de Marshall, les deux loulous de 11 ans (mon neveu et ma nièce ont 6 mois d’écart… et l’âge de notre chienne… funeste présage… comme si les seuls « bébés » qu’on est supposés chouchouter sont nos animaux).

Et ma filleule de 3 ans et demi est arrivée hier avec sa mère et ne doit pas comprendre pourquoi je suis distante. Mais c’est plus fort que moi. Je ne me sens pas légitime.

C’est insupportable cet entre-deux. Je ne peux qu’agir comme si j’étais enceinte, puisque le taux continue à monter, même si c’est trop doucement, et de l’autre, je ne peux pas m’empêcher de songer à ce qui m’attend, le moment où le taux chutera, où les saignements et les contractions commenceront. Quand? Pas à Noël c’est trop court. Pendant nos quelques jours de vacances? Nous n’annulons pas. Il y a 3h de route, mais mieux vaut souffrir au coin d’une cheminée  qu’en rongeant mon frein à la maison en regardant mon sapin se déplumer (les chats et la chienne l’ont aidé faut dire). Sapin que Marshall voulait à tout prix. Un épicéa parce que ça sent bon.

Vu la tête du truc deux semaines plus tard je pense qu’il a compris que le Nordmann s’impose quand on chauffe un minimum chez soi. J’ai l’impression d’être en phase avec ce sapin. Mon corps est une ruine comme lui.

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Ce que je ne comprends pas, c’est ce que j’ai trouvé sur fiv.fr:

taux

J’ai essayé trois fois de demander à la biologiste pourquoi j’avais trouvé ces infos là si tout le monde me dit que le taux doit doubler, mais elle ne m’a pas laissé en placer une.

J’ai envie de me raccrocher à cette lueur d’espoir. Mais malgré tout, ça nous rappelle à quel point mes ovocytes sont pourris. Le sperme de Marshall doit s’améliorer, mais cela compensera-t-il mon endomètre et mes ovocytes?

Comment envisager de retomber à nouveau enceinte? Je me sens de plus en plus étrangère à mon corps. J’accumule les kilos d’hormones, plus une fringue ne me va, et pas de bébé en bonne santé à l’horizon.

Aujourd’hui j’ai juste envie de me mettre en boule dans mon lit et de pleurer en reniflant dans le ventre doux de mes chats. Mais les larmes ne viennent même pas tellement je suis au-delà.

Je vais donc ranger l’ordi et aller mater des dessins animés flippant avec ma filleule…

Joyeux Noël…

Petit point avant gros bilan…

Bon. J’ai dézingué. Ça m’a pris le 1er décembre. Mon service était fermé au public jusqu’à 17h exceptionnellement car la psy nous faisait une journée « mise à jour de la psychologie de l’adolescent » (à l’approche des fêtes on a de plus en plus de nos jeunes qui sont sur un versant psy et décompensent… mais je m’égare). Je l’attendais cette journée car c’est toujours intéressant de rafraîchir ses connaissances.

Seulement voilà, la psy, c’est elle qui est tombée enceinte de son 2e deux semaines avant ma grossesse surprise… Elle affiche donc un beau ventre bien rond. Et le mien aurait pas dû être loin. Du coup ça couvait doucement mais le jour j… Au bout de 5 minutes les larmes coulaient toutes seules. J’ai d’abord essayé de les essuyer discrètement, puis la fontaine continuait, continuait. Je me suis donc éclipsée aux toilettes où les gros sanglots et mon bide tout tordu par le stress ont pu s’en donner à coeur joie, et j’ai attendu la pause pour récupérer mes affaires et discuter avec ma chef.

J’ai beaucoup de chance. Elle suit de près mon parcours et si elle sait se positionner en chef, elle n’oublie pas que nous traitons chaque jour avec de l’humain, plus particulièrement avec leurs souffrances et leurs empêchements, et que ça peut être compliqué quand les nôtres nous débordent. Si je sens que mes absences peuvent irriter certains collègues, je sais que la majorité est pleine de sollicitude, souvent avec pudeur, surtout ceux qui se doutent mais auxquels je n’ai jamais dit clairement « je suis en PMA et j’ai vécu une fausse couche sur ma première lueur d’espoir en 5 ans de tentatives de procréation ».

C’est donc avec la bénédiction de ma chef que j’ai quitté le boulot, atterri chez le médecin. 

Ça a donc fini avec dix jours d’arrêt. Dix jours où je me suis occupée de moi. Et un peu de Noël.

J’ai toujours tendance à beaucoup culpabiliser vis à vis de Marshall ou de ses parents, qui n’ont jamais été du genre à s’arrêter. Quand ma belle-mère a failli mourir dans un accident de voiture, a passé plusieurs mois à l’hôpital dont plus d’une semaine dans le coma, mon mari, alors âgé de 15 ans et présent dans la voiture au moment de l’accident, est retourné en cours le surlendemain. Histoire qu’il se remette de ses quelques points de suture quand même ! 

Mais du coup, cet arrêt m’a permis de continuer le plan d’attaque de plus belle.

J’avais commencé le 24 novembre des séances de Reiki. D’ailleurs elle pense que c’est aussi ça qui m’a fait décompenser. Fallait que ça sorte.

J’ai repris le 2 décembre ma thérapie en Gestalt. En intensif. Trois fois je l’ai vu en 10 jours ! Heureusement qu’il me fait un forfait au mois (au prix d’une séance mais chuuuttt ! ) Bon, par contre j’ai dû annuler l’acupuncture. 

J’ai vu un gynéco extérieur pour la pu*** d’infection urinaire latente qui me pourrit la vie depuis un mois.

J’ai un peu mis en ordre mon intérieur. 

Je me suis éclatée à faire des cosmétiques maison en cadeau (et pour bibi aussi) (merci aroma-zone ! ).

J’ai dessiné.

J’ai tenté de remettre les notes de ma formation au propre.

J’ai câliné mes animaux.

Et puis j’ai lu. D’habitude je n’aime que les romans. Policiers, historiques… Mais là, les bibliothèques bien fournies de Paris (bien plus que celle de ma p’tite ville de banlieue) sont mes amies. Un bouquin d’une psy (qui a étudié l’ethno avec Devereux, et qui fait de l’ethnopsy, tiens donc) qui traite beaucoup de pmettes :  Voyage au pays des infertiles. Et puis un bouquin du Professeur Olivennes. Tout ça au hasard de la biblio. Puis je me suis rendu compte que c’était celui qui partageait le cabinet de la fameuse Dr Hope. Donc j’ai décroché mon téléphone et pris rendez-vous. Pour le 2 février. Pour un second avis. Juste pour voir. Nous n’aurons pas les moyens d’être suivis par lui. Nous restons dans le public. Et puis ils ont bossé quand même. 

Mais un avis extérieur, de quelqu’un qui a d’autres expériences… Je ne pense pas que Dr Kids sera vexé. Il fera semblant de l’être peut-être, car il est taquin. Mais je ne pense pas. De toute façon c’est mon corps, nos gamètes… Voilà quoi.

Mon psy m’a dit que j’étais tellement occupée à trouver injuste que le monde entier ne reconnaisse pas ma douleur d’avoir perdu ma lentille, qu’on me dise « ça arrive souvent » (et mon poing dans ta gueule tu le sens là qu’il arrive ?) qu’en vrai je ne m’étais pas autorisée à avoir juste mal. J’étais plus occupée à gémir et à m’agiter, et à me mettre en colère.

Donc voilà. J’ai pris du temps pour moi. MA gueule à moi ! 

Et le rendez-vous avec le Grand professeur sera bien assez tôt l’heure du bilan. Pas envie de compter le nombre de piqûres et de prise de sang cette année, le nombre d’examens, d’hormones…

Je constate juste que mon corps doit continuer à penser que je suis enceinte (ohé, réveille-toi, y a personne à bord) car mes hanches ont continué à s’élargir et je ne ferme plus les 3/4 de mes pantalons. Donc on passe les fêtes et on essaie de faire gaffe. Me and me again ! 

En attendant, j’ai repris le taf hier sans encombres, demain et samedi retour en formation, lundi récup, deux jours de boulot et hop, en vacances jusqu’au 1er janvier ! 

Je vous souhaites à tous (y a vos chéris aussi hein ! ) de bonnes fêtes. Même si c’est un moment qui nous rappelle le manque dans notre vie, il faut aussi profiter des gens qui nous aiment, famille vraie ou famille de coeur. Écarter les personnes qui nous font péter un câble. Et croire qu’un jour on ajoutera un berceau au pied du sapin.

(et je crois bien que j’ai raté ma gare et que je vais atterrir dans le département d’après… fuck !! )

C’est fait ! 

Ça y est. Lundi dernier Marshall a fait le grand saut et s’est fait charcuter les coucougnettes ! 

Bon, bonne nouvelle, ils ne se sont pas plantés et ne lui ont rien coupé en trop ! La mauvaise, c’est que j’ai pas le droit de jouer avec avant un moment (l’infirmière est restée assez floue à ce sujet) et que je devrai faire tout le boulot.

Et moi qui suis en pleine ovulation… on se demande bien à quoi elles servent ces ovulations, à part me donner une libido incontrôlée ! Tiens, c’est l’ovaire droit ce mois-ci…

Pour revenir à ce pauvre Marshall, il s’est fait clamper le varicocèle sous anesthésie générale. Il a préféré. Quand lui a dit que s’il choisissait l’embolisation on allait lui injecter un liquide et que c’est ça qui serait douloureux… je pense qu’il a eu une pensée pour mon hystérosalpingographie qui s’est avérée être une sympathique séance de torture. Après j’avais essayé de lui expliquer qu’il pouvait difficilement avoir une trompe spasmée mais je peux comprendre. Anesthésie générale, tu dors, tout se passe sans toi. 

Bon, il a quand même failli bouffer les infirmières. A jeun depuis la veille au soir, il avait rendez-vous à 9h30, heure à laquelle on l’a fait passer là où je ne peux l’accompagner. Il devait passer au bloc à 11h. Moi je me suis calée dans un starbucks avec mon ordi pour bosser mes rapports en retard (avec quelques pensées pour le nouveau juge pour enfants… Ovulation vous dis-je ! ).

Et je reçois une kyrielle de sms… Il a fini par passer à 14h30 ! Toujours à jeun. Sans café ni la moindre dose de nicotine de sa vapoteuse. Ils réalisent pas les gens ! Même moi j’évite de lui parler tant qu’il n’a pas bu son café ! (sauf ce matin-là, me suis un peu moquée quand même, vache que je suis). D’ailleurs en sortant de la salle de réveil, quand on l’a installé dans la « salle d’aptitude à la rue » (le comble ce nom pour l’éduc de rue qu’il est ! ), il n’a pas mangé sa compote. Non. CAFÉ !! 

Enfin. Il va vient, il a eu droit à une semaine d’arrêt. Bonne pioche vu le froid de canard qu’il fait ! 

Ses cacahuètes sont un peu violettes, mais dans l’ensemble c’est surtout sa cicatrice qui tire. Et mal à la gorge puisqu’ils l’ont intubé.

Pour une fois c’est lui qui peut se faire dorloter ! 

Elle me manque…

J’ai mis la jupe qu’elle a cousue ce matin. Et les boucles d’oreilles qu’elle m’a offertes pour mes 32 ans.

Ma témoin de mariage me manque.

Sordide histoire de timing ? Pas que.

La thérapie que j’ai faite il y a bientôt trois ans m’a aidée à sortir pas mal de gens de ma vie, qui ne me faisaient pas de bien.

Seulement voilà, avec elle on se faisait du bien. Avant. Avant qu’elle parte vivre à 500 km et qu’elle reproche SON absence à ses amis.

Avant on se voyait toutes les semaines. Avant j’arrivais à gérer sa maladresse, la regardant tendrement parce que ça venait d’un terrible manque de confiance en elle, alors que je l’ai toujours trouvée formidable.

Et puis elle est partie, un mois après qu’on ait commencé ce long et difficile parcours. Une autre de ses amies y était depuis un moment aussi.

Et les reproches sont tombés : « Quand est-ce que tu viens ? « , « Tu n’es toujours pas venue ».

Et ma réponse, souvent la même, disant que je ne roule pas sur l’or, que le peu de moyens qu’on a c’est pour prendre du temps pour notre couple, pour se remettre de nos épreuves, et que oui, les billets prem’s c’est bien, mais il faut pouvoir prévoir. Et prévoir, dans notre cas, c’est compliqué.

Et cette réponse cinglante me disant à quel point on pouvait être embêtantes avec notre PMA, son autre amie et moi, à jamais pouvoir prévoir ! Bim. Première gifle dans ta tête de galèrienne.

Puis elle, inquiète, qui fait des examens parce que malgré deux ans d’essai avec un ex, elle n’est jamais tombée enceinte.

Les premiers résultats tombent. Une AMH extrêmement basse. Dur. On est inquiètes pour elle. Le gynéco qu’elle a vu lui dit que de toute facon il ne veut rien faire de ces résultats puisqu’elle est célibataire à ce moment-là. Je me prends gentiment le bec avec son amie qui me dit que c’est « plus grave que nous ». Et que « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » et plus aigri aussi. Qui es-tu pour comparer les difficultés ? Chacune a sa douleur, son parcours, aucune ne doit être minimisée. A un moment où je commence à peine le processus d’acceptation.

Arrivent ma première, puis ma deuxième FIV. Des échecs. Entre temps ma mère me renvoie (comme si elle avait senti) mes affaires d’enfance dont un abécédaire de bébé et des gigoteuses. Je suis au 36e dessous. Mon amie vient à Paris et me zappe, n’entend pas ma douleur et c’est moi qui traverse tout Paris pour la voir. Ou plutôt voir ses amis…

Elle ne sait pas écouter la douleur, les émotions des autres la débordent. Je le sais, je ne lui en veux pas.

Mais les remarques désagréables lorsqu’on vient la voir, sa façon de vérifier qu’elle a réussi dans la vie en faisant remarquer aux autres combien elle fait mieux qu’eux. Je veux bien comprendre qu’elle manque de confiance, mais mes nerfs sont mis à rude épreuve. Pas deux mois ne se passent sans que j’ai un traitement hormonal ; pour les FIV, pour les biopsies… Ou ma grossesse… Je ne suis plus en mesure de « laisser passer » les choses.

Et cette rentrée, la surprise.

Elle devait venir à la maison avec son chéri (que j’apprécie) rencontré cette année. Au dernier moment, elle annule, se loue un truc, me prévient par hasard. J’ai senti ce qui se passait. La même surprise que moi. Sauf que quelques heures plus tard j’apprends que je fais une fausse couche. J’essaie de la joindre, elle est à l’étranger. Je lui explique par message qu’il faudra qu’ils viennent à moi, dans ma ptite banlieue, que mon état de santé ne me permet pas de bouger. Je sens que ça l’ennuie. Et ça m’agace, parce que je suis au plus mal, que j’ai juste envie de mourir à ce moment-là, mon espoir s’envole, j’ai des douleurs psychiques et physiques de dingue…

Je suis malheureuse, j’ai envie de hurler, j’ai besoin de m’exprimer. J’annonce sur ce blog ce que je traverse. Elle l’apprend donc comme ça. Je crois que ça la blesse.

Et elle ne vient pas. Migraine.

Puis elle m’envoie un mail pour me dire à quel point j’ai été méchante et désagréable cette dernière semaine. Et me dit que j’ai bien compris, qu’elle est enceinte.

C’est la rupture.

Je pense que malgré elle, elle m’en veut d’avoir perdu mon embryon au moment où tout en elle était une ode à la vie, et un miracle. Je pense qu’ elle ne savait pas comment me l’annoncer alors qu’on galérait. Tout comme moi je n’ai pas sauté sur le téléphone quand le test a été positif car je savais que chaque annonce de grossesse était douloureuse pour elle. Et malgré moi je lui en ai certainement voulu d’avoir ce qui était en train de me quitter. Aujourd’hui je lui en veux de ne pas pouvoir partager les instants de sa grossesse, de sa vie.

Mauvais timing? oui. Mais pas que.

Avant on se disait tout.

Aujourd’hui on n’y parvient plus.

J’ai mis un terme, me disant que si c’était pour se faire du mal, ça ne valait plus le coup.

Pourtant…

Elle me manque.
manque