Les années passent et se ressemblent… ou pas!

Un petit coucou comme ça, alors que je me rends faire mes prises de sang pré-pma.

Je lis vos blogs, celles qui ont enfin décroché le pompon du manège, et celles qui tentent de le redécrocher.

Ça me fait sourire, ça me réconforte de retrouver vos mots, vos petits et grands bonheurs. Ça me rassure aussi de voir que nous ne sommes pas les seuls à vouloir voir les choses en plus grand et se relancer dans la bataille. Des fois je me dis que je suis folle. Les gens auxquels j’ai expliqué la conception surprise de notre puce n’entendent que « naturellement ».

De Big Boss, elle, retient bien « endomètre trop fin », « biopsie », et « 38 ans ».

Nous verrons bien. Notre puce nous comble. Mais plus elle nous comble, plus j’en rêve x2. Et puis elle dit souvent qu’elle voudrait une petite sœur (on en reparlera si ça marche, parce que partager papa et maman risque d’être rude!).

Bonnes fêtes à toutes et tous !

EDIT: AMH à 0,57… Mode déprime…

(re) Début des hostilités

Ça y est, ça commence. Les joyeusetés de la PMA, et mes éternelles interrogations.

Je suis arrêtée actuellement : 3 à 5 réveils par nuits de la puce, bouillon d’hormones (naturelles pour l’instant) qui me refourguent des migraines, des soucis à gérer par ailleurs (il y en a toujours me direz-vous) entre la MDPH bouchée à l’émeri et la chimio de mon grand-père qu’on se partage avec mon oncle…

Je bosse avec des jeunes psychotiques, en journées continues… Dès qu’on a un pet de travers ils y sont très sensibles et y a un moment où faut se dire qu’avoir ses vapeurs et la larme à l’œil toutes les 5 min ça le fait juste pas.

Donc voilà, je rate la fête de Noël avec les jeunes, et l’after avec les collègues.

Et cet après-midi j’ai hystéroscopie. Big Boss de ma PMA m’a dit que c’était bien moins douloureux que l’hystérosalpingo-machin-chose. J’espère vu que je me souviens avoir pleuré ma mère. Littéralement. Et que là je n’ai vraiment pas envie qu’elle s’introduise dans mon paysage psychique.

Par contre là où j’ai des craintes, c’est que je suis à j15, que j’ai ovulé à J12 (merci les tests en rafale), et que donc forcément le test bêta-HCG ne signifie rien pour ce cycle.

Je n’ai pas eu le temps de demander à la madame du téléphone très agacée que je n’aie pas eu son mail (et je n’ai pas eu de confirmation non plus lol) quelles conséquences ça pourrait avoir si Ô miracle un nageur de Monsieur avait rencontré mon ovule.

J’ai lu que ça n’explorait que l’utérus, contrairement à l’hystérosalpingographie, mais bon, ça me perturbe un peu. Et forcément, pas moyen d’avoir le secrétariat de chirurgie au téléphone.

Donc je m’y rends, bon petit soldat. Je verrai sur place. Mais là encore je suis embêtée. Franchement, quelles sont les chances que miracle il y ait eu et cela vaut-il le coup dans le cas contraire de tout décaler d’un mois ?

Je ne sais pas si on se débrouille mal mon chéri et moi, mais j’ai toujours halluciné sur le fait qu’on ne peut jamais poser toutes nos questions, on est coupé, on répond à une et pas à l’autre…

Bref. Nous verrons. En tout cas j’ai vraiment un problème dans ma tête. J’ai pris mon Spasfon et mon ibuprofène pré-hystéro il a 40 min, et en vrai je commence à avoir des douleurs comme celles des règles. Normalement c’est après ! Pas nette jvous jure!

Back dans les bacs!

Ça y est. Premier rdv avec la bigboss de la PMA où nous étions il y a quelques années. En visio. A me planquer (avec accord de la hiérarchie même s’ils ne savent pas encore pourquoi) dans le bureau d’une collègue psy car le rendez-vous a été décalé d’un jour donc en plein boulot alors que ça devait être sur ma rtt.

Lorsqu’on a fait le récap des derniers mois avant ma grossesse elle a d’elle-même fait le lien entre biopsie et grossesse.

Donc là, bilan hormonal, spermo pour monsieur, et hystéroscopie. Plus cool que l’hystérosalpingographie me dit-elle (ouf).

Elle m’envoie le 100% par courrier et roule ma poule.

« Donc vous faites les bilans et selon ce qu’ils donnent on fait une tentative le mois suivant ».

Euh… La dernière fois qu’on en a parlé, mon cher et tendre était ok pour les bilans mais n’était pas encore très favorable à une reprise de PMA en tant que telle. Il faut dire qu’à l’époque il s’est coltiné mes états d’âme, dépression etc et que l’idée de devoir gérer ça ET notre puce ne l’enchante guère. Et puis sortie de la grossesse je jurais mes grands dieux que non non plus jamais de PMA, que si deuxième il y avait, ça serait un cadeau de Dame Nature, où il n’y aurait pas ! Bon, en même temps, il y a 6 mois je j’irais aussi que non non, point de deuxième 🤣.

Il va donc falloir m’armer de douceur et de patience pour le convaincre. Et je ne pense pas être crédible en fixant des limites à l’avance car Dieu seul sait que quand je décide que je veux quelque chose… des limites je n’en ai guère.

Un autre facteur de complication est que, d’une part, notre puce passe quand même en priorité en termes de timing, et qu’à l’époque, si j’habitais beaucoup plus loin en banlieue, mon boulot était à 15 min à pied. Là je suis à l’autre bout de Paris (habitant et travaillant dans le 17e). A l’époque je gérais mon emploi du temps, là les horaires sont institutionnels, j’ai des entretiens jeune/psy/éduc toutes les semaines x7, 4 ateliers thérapeutiques, pas de pause repas puisqu’on est avec les jeunes… Bref, ça risque d’être un gros bazar. En même temps je suis plus près du laboratoire Drouot.

Sinon j’ai appris que du fait du covid, tous les rdv sans contact physique se font en visio, ça c’est quand même un gain de temps surtout que seuls les actes médicaux ne sont pas décomptés du temps de travail, en revanche déjà que les rdv physiques laissaient toujours de la place aux incertitudes, là en visio ben c’est quand même pas le même rapport, comme s’il fallait aller vite vite.

Pas osé, pas eu le temps de demander si je pouvais caresser l’espoir de ne pas faire de FIV, mon espoir étant d’avoir simplement un scratching et une insémination. Je ne sais même pas si c’est un scénario possible.

Bref, je fais mon come back en PMA.

Le début des galères

Ça commence déjà. Je sais que quand on imagine toutes les galères auxquelles on va se confronter, on a tendance à les déclencher.

Déjà, l’arrêt de la pilule, seul mince rempart entre ma pauvre tête et ces affreuses migraines. J’ai déjà tendance à en déclencher avec le stress, mais ajoutez à ça le moindre changement hormonal (ovulation, règles), et j’en suis à m’absenter 2 jours par mois, sans compter des soirées compliquées à frémir dès que ma puce lève la voix (et elle est très vivante !).

Travailler en journée continue avec des adolescents et jeunes adultes psychotiques demande une vraie présence, une fiabilité qui me font défaut actuellement. Je ne le vis pas forcément très bien et en suis vraiment désolée pour mes collègues. D’autant qu’ils ne me connaissent pas depuis si longtemps et que c’est une chose de me prendre une biture avec eux, c’en est une autre que de leur dévoiler tout mon paysage médical. .

Par ailleurs, ne sachant par où commencer, j’avais pris un rdv avec le Dr Kids en visio pour faire le point.

RDV manqué alors que je suis partie du travail exprès en avance. Mon trajet le plus court s’étant avéré le plus aléatoire, je me suis connectée avec 7 minutes de retard, et j’ai fini par constater après 25 min d’attente que le rdv était « annulé ».

J’attends donc avec impatience et crainte mon rdv avec la boss de Dr Kids qui m’avait mise sur l’étude preconceptio avec MatriceLab. Comme il s’agissait d’une étude et même si finalement je ne correspondais pas aux critères, je n’ai pas accès au compte-rendu. Juste mon souvenir (merci le blog) d’avoir un endomètre trop fin et que je suis tombée enceinte dans la foulée de la biopsie.

J’ai conscience d’avoir eu l’immense chance d’avoir une grossesse presque naturelle. Mais je n’oublie pas ce « presque », car la PMA et cette biopsie y ont tenu un grand rôle selon toute vraisemblance. Et je vieillis. Va-t-elle me dire de revenir dans 1 an, va-t-elle considérer que nos chances sont minimes et que nous avons besoin d’un coup de main. Que vont révéler d’éventuelles analyses ?

Je ressens cette excitation mêlée de crainte. Hâte que ça avance mais bien peur des non-résultats…

La décision

Il m’a fallu du temps. Il nous a fallu du temps. Si quand nous nous sommes rencontrés, mon chéri imaginait 3 enfants et moi je n’étais pas contre 2…

Mais 2 tentatives de FIV infructueuses, une fausse couche et une petite merveille surprise plus tard, nous n’avons pas osé. Pas osé espérer que le miracle se produise deux fois.

Miracle qui a été suivi de plein de changements très positifs puisque ça m’a permis de remuer des montagnes afin d’avoir un appartement à Paris via Action Logement, puis de changer de boulot pour un hôpital de jour à 30 min à pied (pratique lors de grèves), avec des journées continues donc des horaires parfaits pour une maman, des la moitié des vacances scolaires et 6 semaines l’été… Puis une admission en crèche une semaine avant mon changement de boulot.

Plein de bonnes choses je vous dis, trop beau pour être vrai !

Et puis après tout, notre puce est parfaite sur le papier, un développement au top, une chouchoute à la crèche.

Alors toutes les excuses étaient valables. Des vraies raisons ceci étant. Maintenant que nous sommes sur Paris pouvons-nous assumer les frais (beaucoup plus élevés) d’une bonne assistante maternelle (car les places en crèche ne tombent pas du ciel). La fatigue aussi. Notre puce est au top mais le sommeil c’est toujours la lutte. On nous avait prévenus en haptonomie, même si je me doute bien que mon côté angoissé n’aide pas.

Nous caressions aussi l’espoir de pouvoir nous acheter une petite bicoque secondaire avec jardin entre Tours et Angers à moins de 45000€ quand la puce serait en maternelle. Mais sans apport et avec les prix qui ont bondi depuis le confinement…

Mais ces prétextes cachaient pour ma part une angoisse plus profonde. Retraverser ce long désert de la procréation. Je parle de désert car rien ne m’est plus insupportable que cette attente, du bon moment du cycle, des règles qui débarquent, inlassablement. Et potentiellement d’un retour en PMA. C’est déjà éprouvant à deux, alors avec un petit bout qui demande beaucoup d’attention…

Mais je ne peux pas me voiler la face, mon AMH était déjà basse à 33 ans, j’imagine bien qu’à 38… ça n’a pas dû augmenter !

Au final c’est moi qui ai switché. Retour de séjour avec mes jeunes (une veine d’avoir pu partir une semaine en Auvergne juste avant les supers annonces du gouvernement). A cause de mes migraines, j’avais repris une pilule microdosée, cette détestable optimizette. Je n’ai jamais été du clan de celles qui n’ont plus de règles (3 semaines par mois avec l’implant) mais cette pilule m’a vraiment soûlée. Des règles n’importe quand n’importe comment. Et elles ont débarqué en plein séjour, avec l’humeur massacrante qui les accompagne.

Dans un grand ras le bol j’ai balancé ma plaquette en cours dès mon retour.

2020 a été particulière pour tout le monde, et s’il y a bien une chose que j’ai retenu c’est combien il est important de faire famille actuellement. Il peut sembler certes irresponsable de vouloir mettre au monde un être supplémentaire par les temps qui courent, mais en réalité j’ai besoin d’étoffer mon petit monde. Et puis ma puce, je la sens prête à être une grande sœur (même si cela ne se fera pas sans heurts).

« Voilà, c’est fini ». Part 3: des débuts difficiles

Voilà, ma puce est née. Elle est parmi nous après ces années d’attente. Elle s’est jetée voracement sur mon sein gauche. Je me rappelle avoir dit que j’avais l’impression que ce n’était pas comme il fallait. On m’a dit « Elle tête, pour moi c’est que tout va bien ». Elle a tété ainsi plus d’une heure. Et mon sein n’a été que douleur. J’ai donc focalisé sur le sein droit. Ça a été difficile, douloureux. Le lundi on l’a passé avec une auxiliaire de puer à essayer de la mettre comme il faut, mais toujours elle restait en surface. Provoquant en moi des cris de rejet tellement j’avais mal. On a recueilli le colostrum à la petite cuillère pour qu’elle mange. Et la 3e nuit, elle n’a été que cris. Une infirmière a finit par me la prendre quelques heures pour que je puisse me reposer. Elle m’apprend seulement la nuit suivante qu’elle a réussi à la calmer en la complétant au lait artificiel. Et moi qui ai cru toute la journée que c’était moi qui n’y arrivait pas. Le mardi matin le pédiatre passe, petit vieux peu communicatif qui vient faire les examens de routine. Je lui parle du problème de tétée. Lui dit que les puer ont parlé d’une possible bouche trop petite. Il ne regarde pas et secoue les épaules en répondant que les bouches trop petites ça n’existe pas. Je tire donc mon lait avec la trayeuse électrique, tout en complétant au lait artificiel. Nous devons réveiller notre puce toutes les 2 heures pour qu’elle mange 30 ml à la seringue (dans cet espoir qu’elle prendra un jour le sein). On me parle d’osteo, de consultante en lactation… Mais c’est la semaine du 15 août, il n’y a personne.Nous partons le mercredi 15 août de la maternité, juste avant ma montée de lait, car la 2e partie de ma chambre double a fini par être occupée et que ça m’est insupportable, ce manque d’intimité. On m’aura opposé ma tension trop haute (due à la pré-éclampsie), et j’aurai répondu que le stress me la ferait monter plus sûrement encore. Partie donc un 15 août, sans tire-lait électrique. Il est commandé mais arrivera seulement le vendredi. Et le jeudi j’ai ma montée de lait, au tire-lait manuel. Et ben c’est pas de la tarte, passée la surprise d’avoir deux obus à la place de mes traditionnels œufs au plat… Mais elle ne tête toujours pas. Et nous galérons tous les trois avec notre seringue. J’appelle alors au secours l’infirmière puer qui m’a accompagnée au SAPPH, service unique en France pour la parentalité des personnes handicapées. Compte-tenu de mon petit handicap j’avais accepté à contre-cœur mais j’avais vite changé d’avis une fois sur place. Cette infirmière donc, vient chez moi dès son retour de vacances, le mardi suivant avec la psy. Elle met direct un doigt dans la bouche de la puce et constate simplement qu’elle a le frein trop court. Dans l’attente d’un rdv orl, elle me fait essayer les bouts de seins en silicone. Sur le coup ça fonctionne. Mais dans la nuit, cela lui demande trop d’effort et c’est une nuit de cris et de pleurs partagés. Mon chéri finit par me demander l’autorisation de lui donner un biberon. Je cède, je suis une ruine. Le lendemain j’appelle une consultante en lactation pour savoir comment couper mon lait je ne supporte plus d’être prisonnière de la trayeuse. Au final je continue quand même, il y a un espèce d’enjeu dans ma tête à garder un peu de lait maternel. Le rendez-vous orl se passe, on me confirme le diagnostic et la nécessité d’inciser pour qu’elle n’ait pas de problème de diction plus tard. C’est rapide, 30 secondes de larmes et c’est oublié. Je repropose le sein de temps à autre. Sans succès. Et un jour je la sens demandeuse. J’appelle la consultante en lactation qui vient chez moi, et hop, elle la clippe au sein dans plein de positions différentes sans aucune difficulté. Ma fille a 1 mois et je peux enfin l’allaiter. Mais je ne pourrai jamais l’allaiter exclusivement. Si je raconte de façon mécanique, c’est qu’autant le personnel de la maternité a été exceptionnel sur plein de choses, autant aujourd’hui encore je reste très en colère sur ce « loupé » qui a empreint notre 1er mois d’une douleur inutile. Et pour le coup l’enjeu a été tel que ma fille a maintenant 8 mois et demi et je l’allaite toujours lorsqu’elle est avec moi. Heureusement sans être prisonnière de la machine, qui ne sert plus que lorsque la puce dort chez ses grands-parents. Certaines doivent se demander pourquoi je me suis acharnée (le psy de la mater parlait de dévotion… Moi j’étais consciente de faire de l’acharnement). Je pense qu’il y a un lien avec ma mère, qui non seulement m’allaitait, avec un immense bonheur disait-elle, mais aussi le reste du monde puisqu’elle fournissait un lactarium. Peut-être une part de moi se disait que si je n’étais pas capable de faire aussi bien qu’elle, je serais une mère pire qu’elle… J’avoue que mon idée première était de sevrer à la reprise du travail. Et nous voilà 5 mois plus tard et je continue. Avec bonheur souvent, avec fatigue et prise de poids aussi. Je ne sais pas jusqu’à quand, tant ma puce est demandeuse (alors qu’elle est diversifiée depuis 1 semaine avant ses 4 mois). J’ai l’impression d’être un doudou géant qui sert notamment à l’endormissement (plus galère pour le papa) vu qu’elle a toujours refusé la tétine, et en même temps j’aime cette prolongation de notre lien utérin. Ce n’est qu’un bébé après tout. Bon, un bébé qui se met debout avec appui et marche seule le long des meubles, mais un bébé. Et puis flûte, nous verrons bien. Ce qui est sûr c’est que si ce n’est pas elle qui décide un jour d’arrêter, je choisirai plutôt des vacances…

« Voilà, c’est fini.  » Part. 2: l’accouchement

Bon, comme je n’ai plus le temps pour écrire, j’ai beaucoup tardé. Forcément le souvenir de l’accouchement en prend un coup, mais je vais tenter de rester fidèle… Et concise si j’y parviens.

Ma louloute était prévue pour le 26 août. Mais j’avais décrété, espéré qu’elle ne choisisse pas ce jour et même prévoie de naître avant le 20. D’une part parce que le frère de ma mère avec lequel j’ai coupé les ponts il y a bien longtemps est du 26 août, et d’autre part parce que ma mère et d’autres personnes toxiques sont vierges… Non non non, veux pas !

Mais j’espérais tout de même qu’elle choisisse son moment. Et finalement, en allant à mon dernier rendez-vous de contrôle, j’apprends que les poteaux qui me font office de jambes sont dûs à une pré-éclampsie, que j’ai de l’hypertension et une protéinurie élevée. C’était un jeudi. On me dit que je dois être déclenchée le mardi. Ouf, je pourrai aller à mon rendez-vous ostéo, juste obligatoire car mon bassin est, encore une fois, bloqué. Et finalement le verdict tombe: « on vous déclenche demain. »

Je pensais plus mal le prendre, sachant que j’étais absolument contre les déclenchements, mais comme il faut bien faire contre mauvaise fortune bon cœur, c’est mon amoureux qui n’a pas dormi. Moi, à mon habitude, j’ai ronflé comme un sonneur de cloches (ça n’a pas dû aider Marshall à dormir). Je crois qu’en fait j’avais quand même hâte de rencontrer ma choupette ! Et puis j’avais une certaine confiance dans l’équipe soignante.

Vendredi 10, on me pose donc un tampon Propess à 13h30, plus doux qu’une injection d’ocytocine. Tellement plus doux que ça n’a pas suffit. Chouquette dedans avait décidé de faire d’abord sa manucure avant de sortir.

Ça n’a pas suffit, mais ça n’a pas été de tout repos malgré tout !

On m’installe dans une chambre double, je range toutes mes petites affaires en chantonnant, arrive 21h et mon cher et tendre regagne ses pénates. A besoin de repos pour être au taquet quand le moment viendra, et la chienne doit sortir accessoirement.

30 min plus tard je chantonne beaucoup moins. Arrive une vague de contractions sympathiques, qui me valent d’être transférée en salle d’accouchement.

Là, sentant que ça pouvait prendre du temps et refusant qu’il risque de s’endormir au volant, je ne demande pas à prévenir le futur papa. Je profite alors de la baignoire. La première demi heure me soulage, la seconde m’étouffe. Je finis par faire le chien à la fenêtre tellement j’étouffe. Tout ça au rythme des hurlements gutturaux des femmes qui accouchent sans péridurale. Certes, elles accouchent vite, mais les entendre conforte mon choix d’avoir une péridurale !

Une sage-femme passe alors contrôler mon col… Je suis à 1 ou 2 cm de dilatation, autant dire que dalle ! Mais l’avantage d’être déclenchée, c’est que les soignants savent que le travail est tout de suite bien douloureux, j’ai donc droit à ma péridurale de suite ! D’autant que celle que je souhaite est celle qui est light et permet de marcher ou de m’éclater sur le ballon. La pose est, je l’avoue, assez désagréable, mais après la PMA c’est peanuts. Je suis quand même contente que mon cher et tendre n’ait pas vu cette grande aiguille, car je pense que c’est impressionnant à voir poser.
Je ne déambulerai point. Il est 1h, et je veux juste dormir. La péri m’offre du repos par tranche de 2h.
Vers 9h, je me décide à appeler Marshall, tout en lui disant de ne pas se presser, mon col ne s’ouvre guère.
A 13h30, soit 24h après la pose du tampon, on m’annonce que c’est mal parti. La veille on m’avait dit que si ça n’avait pas suffit on m’en reposerait un 2e, mais finalement la décision sera de me percer la poche des eaux. Encore un truc que je ne voulais pas à décocher sur mon projet de naissance… Je dois avouer que ce n’est absolument pas douloureux. Simplement mon lit (je suis alors en position semi-assise) se transforme en piscine. Sérieux, y a autant de flotte dans mon bidou ?
C’est là que les choses sérieuses commencent. Elles étaient mignonnes, les contractions de la nuit.
Mon col se dilate à vue d’œil. La sage-femme explique à mon mari qu’il faut pousser sur mes genoux pour me soulager. J’ai déjà adopté la position dans laquelle j’ai prévu d’accoucher. Sur le côté. Nous nous retrouvons donc dans cette situation incongrue où c’est moi qui beugle « pousse pousse pousse fort » à Marshall ! N’empêche que ça marche. Je retardé un peu la rallonge de péridurale pour être sûre de pouvoir aller gambader dans les couloirs (après tout je ne me suis quasiment pas levée de la journée) quand la sage femme, une toute jeune femme hyper pêchue qui peut faire du one-woman show m’annonce que c’est trop tard. Il est 18h et le bébé arrive.

Je suis vraiment ravie d’avoir accouché sur le côté et avec une péridurale light. D’une part ça a permis un travail tout à fait raisonnable. L’accouchement en soit a duré pile une demi heure. La péri light m’a permis de sentir les contractions arriver et de pousser efficacement et pas avec un train de retard. Mon périnée aussi a kiffé. J’ ai eu 3 points à la fourche, c’est-à-dire pas grand chose. Et encore je pense que je les dois à ma dernière poussée qui n’était pas calée sur une contraction. Mais j’étais tellement fatiguée que j’ai tout donné.

Je me souviens avoir demandé à ce que la sage-femme enlève ses mains, car j’avais l’impression de sentir ses ongles. Elle a souhaité que je repasse sur le dos pour l’expulsion, sûrement parce que c’était son premier accouchement sur le côté. J’ai essayé pour lui faire plaisir mais suis aussitôt repassée sur le côté, on m’avait privée de ma séance d’ostéo, et poser mon bassin de cette façon était juste hyper douloureux. L’avantage c’est qu’en passant ma puce m’a remis le bassin presque en place. L’inconvénient c’est qu’en sortant elle a aspergé la sage-femme qui s’est pris du liquide amniotique dans les yeux (et bim, ça c’est pour les ongles !).

Après j’ai eu un petit bébé, 2,758kg, et elle a fait sa part du job (merci l’haptonomie).
C’est vrai, on oublie. En fait non, on oublie les douleurs, et on s’en souvient comme d’un truc magique, pas si terrible que ça en fin de compte. Juste très très fatiguant.
Mais pas traumatisant. La preuve, j’ai déjà envie de remettre ça. Mais pas avant l’été hein, je veux kiffer mes mojitos au bord de la piscine !

« Voilà, c’est fini ». Part One: la grossesse

PPffiouh… Je vais y arriver… Il paraît que ça se fait de conclure.

Des mois et des mois depuis mon dernier article, du coup celui-ci risque d’être un peu long, voire en plusieurs parties.

J’avais créé ce blog pour parler de l’infertilité de mon couple, en espérant que poser des mots sur nos maux aiderait. Qu’échanger avec des femmes (et des hommes) qui la vivent au quotidien pour des raisons diverses et variées me permettrait de m’apaiser.

Cette communauté est riche, et je vous remercie tou(te)s pour le soutien, qui s’est passé aussi bien sur mon blog que via les commentaires sur les vôtres (surtout ces derniers mois).

C’est bien parce que c’est un blog sur notre infertilité que je n’ai pas réussi à parler de ma grossesse.

Aujourd’hui notre petit chat est là. Il est temps de clôturer, de m’autoriser à tourner cette page. Rien que de l’écrire j’en ai les larmes aux yeux, mélange de souffrances qui resurgissent et de joie incommensurable.

Je me suis sentie schizophrène durant cette grossesse, une partie de moi étant très consciente que j’étais enceinte, et l’autre partie oubliant souvent au réveil que j’étais deux, jusqu’à ce que je finisse par cogner mon bide contre une porte mal ouverte…

Je ne peux pas dire que j’ai adoré être enceinte, et je ne peux pas dire non plus que j’ai détesté. J’ai été arrêtée 3 semaines au 4e mois car mes côtes en avaient pris un coup et j’ai été condamnée au repos assise forcé, puis j’ai été à nouveau arrêtée jusqu’au bout 1 mois et demi avant le congé mat car trop de transports (et de grèves…) et du coup de contractions et autres joyeusetés. Je n’ai eu que des maux bénins (pas de cerclage ou autre) mais j’ai mal vécu de ne pas être autonome. Faut dire qu’à 35 balais je n’ai toujours pas le permis mais que j’ai toujours beaucoup bougé malgré tout, donc la dépendance c’est très dur pour moi.

J’imaginais être ce genre de nana qui fait de la randonnée jusqu’à 2h avant son accouchement. Ma mère m’avait vendu un tel état de plénitude…

Au lieu de quoi je me suis trimballé des jambes en poteaux les 4 derniers mois, avec un syndrôme du canal carpien qui faisait que je n’arrivais même plus à tartiner mon pain le matin (déjà que je n’ai qu’une main!). Ajoutez un petit (petit hein) diabète gestationnel qui allonge la liste des trucs interdits dans mon assiette…

Mais à côté de ça, j’ai adoré sentir ma fille gigoter et même avoir le hoquet, j’ai tant aimé voir Marshall être d’abord surpris, puis s’amuser avec sa fille in utero grâce à l’haptonomie (merci la super doc des Bluets!). Je me suis même trouvée belle (poteaux mis à part) pendant cette grossesse. Oui, être enceinte m’allait merveilleusement bien dans les moments où je ne ressentais pas de douleurs. Et puis j’ai adoré me faire chouchouter par mon petit mari chéri aussi!

Malgré tout, j’ai alterné les moments de joie et les moments d’angoisse intense, cette peur que tout s’arrête, ou pire, que ma puce naisse avec un problème de santé.

Mais bon, je me dis que ce ne sont là que des angoisses légitimes que n’importe quelle future mère peut ressentir.

La grossesse m’a permis de reconnecter avec des gens chers à mon cœur aussi. Mais différemment. Sans me jeter à corps perdu comme je pouvais le faire auparavant (trop d’attentes = sentiment de trahison à la moindre déception). Mon cocon familial, qui n’a fait que se renforcer ces derniers mois (et quand je dis famille je parle de celle que j’ai choisie de reconnaître comme telle, c’est-à-dire ma belle-famille, quelques amis, et seulement quelques membres de ma famille de sang) reste essentiel à mes yeux, et j’ai eu tendance à franchement couper avec le reste du monde. Peu m’importe le nombre, l’essentiel est l’intensité du lien.

Mon père a fait de gros efforts pour s’inquiéter de moi. En même temps on pouvait papoter diabète, ça le rassurait! ^^

Ma mère m’a fait un coup fumeux, même si ça m’a semblé inconscient.

Je ne sais pas si elle était au courant de ma grossesse, pas par mes proches en tous cas (j’ai longtemps ressassé l’idée de lui annoncer ou pas, j’ai même écrit une lettre que je n’ai pas envoyée). En tous cas, un jour de préparation à la naissance, le 25 juillet, en allant aux toilettes, mon téléphone sonne. Je réponds rarement au téléphone, préférant les sms, mais là, je ne sais pas pourquoi j’ai pris mon portable et j’ai vu apparaître « maman port ». J’ai hésité jusqu’au dernier moment et j’ai fini par décrocher:

« -Allô?

(ma mère) -Je suis bien chez Orange?

-Non, c’est ta fille.

(le téléphone de ma mère) -bip bip bip. »

Je ne saurai jamais si c’était une feinte (ce qui ne lui ressemble guère) ou si c’était inconscient, en tout cas pour quelqu’un qui m’a rayé de sa vie, c’est curieux quelle ait conservé mon numéro dans son portable.

Ça a suffit pour que je réalise que ça m’atteignait encore, mais aussi que je n’avais pas l’intention d’essayer de la rappeler.

Mais comme quoi elle sait toujours se rappeler à mon bon souvenir au meilleur moment.

Sinon, les cours de préparation à la naissance… ben c’est quand même bien utile. On n’apprend pas tout, mais y a quand même quelques trucs… C’est fou mais autant avec la PMA on devient des pros de l’anatomie de l’appareil reproducteur, autant moi y avait des trucs de l’accouchement qui m’échappaient carrément! Comment ça, après avoir sorti douloureusement l’être tant attendu faut se remettre au boulot pour expulser un énorme steak (si si, énorme!!)? ça sort pas tout seul ce truc? Et puis après s’être tapé des contractions pendant des heures (voire des jours) avant l’expulsion, ça recommence après? les quoi? les tranchées? comme en 14-18 c’est ça? (indice: je pense réellement que c’est une référence à la guerre!) Et mon bébé va avoir une tête d’extraterrestre à la naissance?

extraterrestres2

Bref, se préparer, c’est important. Mais j’ai zappé volontairement le cours sur « et si ça se passe pas comme prévu? ».

Et bingo, ça s’est pas tout à fait passé comme prévu.

Tout va bien

Pour l’instant tout va bien.

Après une nuit blanche (forcément), nous sommes arrivés aux bluets en avance. Du coup on a été les premiers à passer à l’écho, surtout que les autres étaient parties à la prise de sang, monitoring d’ovulation oblige.

Déception au début, seule l’interne aux gros doigts était là. Elle nous a proposé d’attendre Dr Cute bis mais on avait quand même trop hâte. Et Dr Cute bis est arrivée pendant l’introduction de l’endochatte. Deux docs juste pour nous. Pile poil pour voir ce petitou et son petit coeur battre vite vite. J’ai chialé forcément. Et je crois que Marshall a fini d’avaler sa langue quand elles ont tourné l’écran vers lui.

Tellement émus qu’en fait on ne sait même pas sa taille…juste qu’elle correspond. 5SG et 3 jours.

Je n’oublie pas quand même que c’est à peu près au même moment que l’embryon avait arrêté d’évoluer la dernière fois. Mais la dernière fois, j’avais eu des règles anniversaire, la santé de mon père, plusieurs prises de cachetons costauds pour les migraines, la pentoxifylline, mais je n’avais pas  eu le scratching (même si c’était une biopsie) de complément de progestérone, de nausées…

Bref, on va croiser les doigts et y croire très fort. Peut-être qu’au bout de tant d’années mon corps a enfin compris comment ça marche !

Je vous embrasse. Meilleurs voeux et plein de chance à toutes, je partage volontiers.

A gerber…

WordPress propose des articles semblant ressembler aux articles qu’on vient de lire. Et vient de me proposer ça. 

Même si, bien sûr que plus on est à la pointe pour la procréation médicale, plus les écarts et les effets pervers sont possibles. 

Mais vraiment ? Le mec ose pondre ce genre de truc réducteur ? J’ai l’impression d’être le Grand méchant diable d’un coup. Ou dans « Bienvenue à Gattaca ».

Mais j’ai surtout envie de lui gerber dessus ! 

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